Abd al-Ahad (1) ibn Abd al-Ghalib al-Hamdani al-Misri, puis al-Dimachqui, fut le cheikh des lecteurs de Damas. Des milliers de personnes achevèrent leur récitation sous sa direction. Il avait étudié auprès d’al-Shâṭibî et en commenta le poème. Il rédigea également un « Commentaire du Mufaṣṣal », ainsi que de nombreux tafsîrs et autres ouvrages, de même que des panégyriques à l’honneur du Messager d’Allah (ﷺ). Il tenait une assemblée d’enseignement dans la Grande Mosquée de Damas et fut nommé à la direction de l’enseignement de la lecture coranique (Mashyakhat al-Iqrâʾ) au mausolée de Umm al-Ṣāliḥ, où il résidait. C’est là qu’il mourut dans la nuit du dimanche, le douzième Jumâdâ al-Âkhira, avant d’être inhumé à Qâsiyûn. Le cadi Ibn Khallikân (3) rapporte qu’il naquit en l’an 558 H et cite parmi ses vers :
[du mètre as-sarîʿ]
« Ils ont dit : “Demain nous irons vers les demeures de la Bien-Aimée,
Et la caravane fera halte dans leur camp.
Quiconque leur est obéissant
Se réjouira de les rencontrer.”
J’ai dit : “Mais j’ai une faute, que puis-je alors ?
Par quel visage les aborder ?”
Ils ont répondu : “Le pardon n’est-il pas dans leurs habitudes ?
Surtout envers qui l’espère d’eux ?” »
Khatûn Rabiʿa (4), fondatrice de fondations pieuses à Qâsiyûn, était Rabiʿa Khatûn bint Ayyûb, sœur du sultan Ṣalâḥ al-Dîn. Son frère la maria d’abord à l’émir Saʿd al-Dîn Masʿûd ibn Muʿîn al-Dîn, tandis que ce dernier épousa la sœur de Rabiʿa, ʿIṣmat al-Dîn Khatûn, qui avait été l’épouse du roi Nûr al-Dîn et la fondatrice (5) de la Khatûniyya al-Juwâniyya et de la Khânqâh al-Barrâniyya (6). Lorsque l’émir Saʿd al-Dîn mourut, son frère unît Rabiʿa au roi Muẓaffar al-Dîn (7), souverain d’Irbil. Elle vécut chez lui à Irbil plus de quarante ans jusqu’à sa mort. Elle se rendit ensuite à Damas, où elle s’installa dans la demeure al-ʿAqîqî (8), et y décéda au cours de cette même année, alors qu’elle avait dépassé quatre-vingts ans.