Il était pieux, ascétique et craintif de Dieu, un dévot suivant la voie des pieux prédécesseurs, comme le font la plupart des traditionnistes tardifs, et doté d’une grande vertu dans de nombreux domaines. Il persévéra ainsi dans sa bonne conduite jusqu’à ce que la mort le surprît chez lui, à la Dār al-Ḥadīth al-Ašrafiyya, dans la nuit du mercredi 25 Rabīʿ al-Āḫir de l’an 643. On pria sur sa dépouille dans la Grande Mosquée de Damas, puis les gens l’accompagnèrent jusqu’à l’intérieur de la porte Bāb al-Faraǧ, sans pouvoir en sortir à cause du siège imposé par les Ḫwārizmiens. Seule une dizaine de personnes purent le suivre jusqu’au cimetière des soufis, qu’Allāh lui accorde Sa miséricorde.
Le qāḍī Šams ad-Dīn Ibn Ḫallikān, l’un de ses professeurs, fit son éloge. Al-Sibt rapporte que le šayḫ Taqī ad-Dīn (qu’Allāh lui fasse miséricorde) lui récita de vive voix :
[extrait du majzūʾ al-kāmil]
« Méfie-toi de quatre “wāw” : elles sont fatales ;
Celle du testament, du dépôt, de la procuration et du legs. »
Ibn Ḫallikān raconte également qu’il dit : « Dans un songe, l’inspiration de ces mots m’est venue : “Refuse de demander tant que tu peux endurer, car chaque jour apporte une nouvelle subsistance. L’insistance dans la requête efface le prestige, tandis que le secours est proche de l’âme affligée. Il se peut que l’adversité soit une forme d’éducation divine. Les parts sont distribuées par degrés : ne te hâte pas sur un fruit avant qu’il ne soit mûr.” »