Il reçut alors une compensation de la part d’al-Mu‘aẓẓamī, puis s’en retourna en Égypte soutenu et victorieux, [comblé de joie et de satisfaction]. Et tout cela eut lieu au cours de l’année (1) suivante.
Durant cette même année, une grande bataille opposa l’armée du calife aux Tatars – que Dieu les maudisse. Les musulmans leur infligèrent une défaite écrasante et dispersèrent leurs rangs, si bien qu’ils prirent la fuite (2). Les musulmans ne les rattrapèrent ni ne les poursuivirent, de crainte de leur perfidie, appliquant pour cela la parole du Prophète (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) : « Laissez les Turcs tant qu’ils vous laissent » (3).
Au cours de cette année également, on découvrit au pays de Khuzistān, sur le flanc d’une montagne à l’intérieur de la région, des constructions étranges et merveilleuses qui laissent l’observateur perplexe. Il est dit que ce serait l’œuvre des djinns. Ibn al-Sāʿī en a rapporté la description dans son « Tārīkh » (4)(5).
[Parmi les notables décédés cette même année]
figure le shaykh Taqī al-Dīn Abū [ʿAmr ibn] al-Ṣalāḥ (6), ʿUthmān ibn ʿAbd al-Raḥmān ibn ʿUthmān, éminent imam, mufti de Syrie et spécialiste éminent du ḥadīth, Abū ʿAmr ibn al-Ṣalāḥ al-Shahrazūrī, puis al-Dimashqī. Il étudia le ḥadīth dans les contrées de l’Orient et acquit sa formation en fiqh à Mossoul, Alep et ailleurs. Son père était enseignant à l’école al-Asadiyya d’Alep, fondée par Asad al-Dīn Shīrkūh ibn Shādhī. Lui-même arriva en Syrie dans le cercle des grands savants et séjourna quelque temps à la Noble Jérusalem, où il enseigna à la Ṣalāḥiyya. Puis il se rendit à Damas et y donna des cours à l’école al-Rawāḥiyya, avant d’être nommé à Dār al-Ḥadīth al-Ashrafiyya ; il fut le premier shaykh de ḥadīth à y officier, et rédigea l’ouvrage consacré à son waqf. Il enseigna ensuite à l’école al-Shāmiyya al-Jawāniyya (10). Il composa de nombreux écrits utiles dans les sciences du ḥadīth et du fiqh (11), ainsi que de bons commentaires (12) sur le « Wāsiṭ » et d’autres traités qui attirèrent nombre d’étudiants venus de loin.