Le ministre Naṣīr al-Dīn Abū al-Azhar (1), Aḥmad ibn Muḥammad ibn ʿAlī ibn Aḥmad [ibn] al-Nāqid al-Baġdādī, fut le vizir d’al-Mustanṣir, puis de son fils al-Mustaʿṣim. Il était issu d’une famille de négociants, puis parvint à occuper la fonction de vizir auprès de ces deux califes. Il était un homme de savoir et de talent, mémorisant le Coran et le récitant souvent. Il grandit dans une grande opulence, puis acquit un immense prestige. Sur la fin de sa vie (2), il ne put plus se déplacer, tout en continuant de bénéficier d’un respect et d’une considération extrêmes. Il composa de nombreux et beaux poèmes, dont Ibn al-Sāʿī a cité une bonne partie. Il mourut cette année-là, âgé de plus de cinquante ans, que Dieu lui fasse miséricorde.
Le naqīb des nuqabāʾ, l’orateur des orateurs et l’agent des califes, Abū Ṭālib al-Ḥusayn (3) ibn Aḥmad ibn ʿAlī ibn Aḥmad ibn Hibat Allāh (4) ibn Muḥammad ibn ʿAlī, descendant du calife al-Muhtadī bi-llāh al-ʿAbbāsī. Il était l’un des notables ʿabbāsides, l’un des imams des musulmans, et parmi les plus grands orateurs auprès des croyants. Il demeura constant dans la droiture et la piété. Jamais il ne cessa de prêcher ni ne tomba malade, jusqu’à la nuit du samedi 22 (5) [Rajab de] cette année, où il se leva au milieu de la nuit pour un besoin et tomba sur la tête. Il cracha beaucoup de sang et se tut (6), ne proférant plus une seule parole de toute la journée, jusqu’à la nuit où il rendit l’âme. Ses funérailles furent très suivies, que Dieu lui fasse miséricorde et lui accorde Son pardon par Sa grâce et Sa générosité.
[Puis vint l’année 643 de l’Hégire.]
C’est l’année des Khwârazmiens : en effet, al-Ṣāliḥ Ayyūb ibn al-Kāmil, maître de l’Égypte, envoya les Khwârazmiens, accompagnés de leur roi Barakāt Khān et de Muʿīn al-Dīn (7) ibn al-Shaykh, pour assiéger Damas. Ils encerclèrent la ville, retenant prisonnier son oncle al-Ṣāliḥ [Ismāʿīl] Abū al-Khaysh (8), maître de Damas. Ils mirent ensuite le feu au palais Ḥajjāj, au Ḥakkar al-Summāq et à la mosquée de Jarrāḥ.