Il ne les conserva pas, mais elles lui échappèrent, puis les événements évoluèrent au point que le sultan aṣ-Ṣāliḥ Ismāʿīl l’emprisonna dans la forteresse dʾIzzatā, jusqu’à sa mort survenue cette année. En šawwāl, on le transféra au mausolée d’al-Muʿaẓẓam, au pied (1) du mont Qāsiyūn. Ibn Yaghmūr (2) se trouvait également détenu auprès de lui ; aṣ-Ṣāliḥ Ismāʿīl le déplaça alors à la citadelle de Damas. Quand aṣ-Ṣāliḥ Ayyūb prit possession de Damas, il l’envoya en Égypte, où il fut pendu, en même temps qu’al-Amīn Ghazāl (3), le vizir d’aṣ-Ṣāliḥ Ismāʿīl, sur la citadelle du Caire, en représailles de ce qu’ils avaient commis à l’encontre d’aṣ-Ṣāliḥ Ayyūb – que Dieu lui fasse miséricorde. Quant à Ibn Yaghmūr, il avait agi de manière à faire passer la souveraineté de Damas au [roi] aṣ-Ṣāliḥ Ismāʿīl. Pour ce qui est d’Amīn ad-Dawla, il avait empêché aṣ-Ṣāliḥ de remettre son fils ʿUmar à son père, et c’est pour cette raison qu’il se vengea d’eux ainsi ; il ne peut être blâmé pour cela (4).
Maʿsūd ibn Aḥmad ibn Masʿūd ibn Māzah al-Muḥāribī était l’un des jurisconsultes ḥanafites éminents, ayant également des connaissances en tafsīr et en ḥadīth, et doté d’un mérite considérable. Il arriva à Bagdad accompagné de l’émissaire tatar pour accomplir le pèlerinage. On l’emprisonna pendant plusieurs années, puis on le relâcha. Il réalisa alors le ḥajj (5) puis revint, et mourut à Bagdad durant la même année – que Dieu lui fasse miséricorde.
Abū al-Ḥasan ʿAlī ibn Yaḥyā (6) ibn al-Ḥasan ibn al-Ḥusayn ibn ʿAlī ibn Muḥammad al-Baṭrīq ibn Naṣr ibn Ḥamdūn ibn Thābit al-Asadī al-Ḥillī, puis originaire de Wāsiṭ, puis de Bagdad, était un écrivain et poète chiite. Jurisconsulte du chiisme, il séjourna un temps à Damas et loua nombre d’émirs et de rois, dont al-Kāmil, souverain d’Égypte, avant de retourner à Bagdad. Là, il instruisait les chiites dans leur doctrine. Il était érudit, intelligent, et excellait en prose comme en poésie, mais il était égaré, voilé de la vérité. Ibn as-Sāʿī a rapporté un bon nombre de ses poèmes [qui témoignent de l’étendue de son savoir et de son intelligence – Dieu lui fasse miséricorde et lui pardonne] (7).
[Puis survint l’année 642 de l’Hégire]
Au cours de cette année, le calife al-Mustaʿṣim bi-llāh nomma comme vizir Muʾayyid ad-Dīn Abū Ṭālib Muḥammad ibn Aḥmad ibn ʿAlī ibn Muḥammad [ibn]