« Lève-toi, car il nous a été ordonné (1) de t’emmener à Baalbek. » Alors il comprit qu’il allait périr et s’écria : « Laissez-moi prier deux rak‘as. » On lui répondit : « Lève-toi ! » Il se mit donc à prier (2) et prolongea sa prière. Le chrétien le repoussa alors d’un coup de pied et le précipita du sommet de la montagne jusque dans le fond de la vallée. Avant même d’y parvenir, son corps fut déchiqueté. On raconte que le bas de son vêtement resta accroché à une aspérité du rocher, et Dawud continua de le lapider jusqu’à ce qu’il le fasse tomber au fond de la vallée, près d’al-Chaqîf (3), qui domine la rivière Ibrahim.
Al-Sibt (4) déclara : « Il avait une croyance corrompue, c’était un dahrî (athée) qui se moquait des préceptes religieux. Il se présentait à l’assemblée en état d’ébriété (5), et assistait de même à la prière du vendredi, tandis que sa demeure ressemblait à une taverne. Il n’y a de force et de puissance qu’en Dieu, le Très-Haut, l’Immense. » Et il poursuivit (6) : « Al-Muwaffaq al-Wâsitî, l’un de ses hommes de confiance – qui comptait (7) parmi les pires calamités – s’empara à son profit de six cent mille dirhams appartenant aux gens. Il fut alors châtié sévèrement, on lui reprit l’argent, on lui brisa les jambes et il mourut sous la torture. Son cadavre fut jeté dans les cimetières des juifs et des chrétiens, et les chiens le dévorèrent (8).
[Parmi les notables décédés cette année-là se trouve] le cheikh Shams al-Dîn Abû al-Futûh (9) ‘Umar ibn As‘ad ibn al-Munajjâ al-Tanûkhî al-Ma‘arrî al-Hanbalî, jadis juge à Harrân. Il vint ensuite à Damas, enseigna à l’école as-Samsâriyya et occupa diverses fonctions au sein de l’administration d’al-Mu‘azzam. Il avait reçu sa transmission de Ibn Sâbir (10) ainsi que des deux juges as-Shahrazûrî (11) et Ibn Abî ‘Asrûn (12). Il s’éteignit le septième jour de Rabî‘ al-Awwal de cette année — que Dieu lui fasse miséricorde. »