Ibn al-Saʿî les a rapportées dans leur intégralité. Et quiconque (1) ressemble à son père ne saurait être accusé d’injustice, car le lionceau, en substance (2), est semblable au lion.
Cette année-là : une grande bataille eut lieu entre les Halabiens et les Khwârazmiens, rejoints par Shihâb al-Dîn Ghâzî, seigneur de Mayyâfâriqîn. Les Halabiens leur infligèrent une défaite retentissante et humiliante, et s’emparèrent de très nombreux biens. La ville de Nisîbîn fut de nouveau pillée : c’était la dix-septième fois en ces années. « Nous appartenons à Dieu et c’est à Lui que nous retournons. » Ghâzî rentra à Mayyâfâriqîn, tandis que les Khwârazmiens se dispersèrent pour semer la corruption dans le pays (3) en compagnie de leur chef, Barakât Khân — que Dieu ne lui accorde point Sa bénédiction.
Un décret fut remis à Shihâb Ghâzî concernant la ville de Khilât, dont il prit possession ainsi que de ce qu’elle renfermait comme provisions.
Cette même année, al-Sâlih Ayyoûb, souverain d’Égypte, aspira à entrer en Syrie. On le mit en garde quant à la division des armées, alors il y dépêcha une troupe, tandis que lui-même resta en Égypte pour administrer son royaume.
Parmi les notables qui s’éteignirent cette année figurent : al-Mustansir bi-llâh (4), Commandeur des croyants, comme il a déjà été dit, ainsi que la noble dame préservée (5), Turkan (6) Khâtoun, fille de ‘Izz al-Dîn Mas’oûd (7) ibn Mawdoud ibn Zankî ibn Âqsonqor al-Atâbikiyya, fondatrice de la madrasa al-Atâbikiyya (8) à al-Sâlihiyya. Elle fut l’épouse du sultan al-Malik al-Ashraf — que Dieu lui fasse miséricorde. Dans la nuit même de son décès, elle fit don (9) de sa madrasa et de sa tombe sur la montagne, comme le rapporte Abou Châma. Elle y fut inhumée ; que Dieu lui accorde Sa miséricorde et qu’Il agrée son œuvre.