Le calife dit alors à ce propos : « C’est une chose dont nous nous sommes départis (1), qui ne nous reviendra plus. Faites-en l’aumône aux pauvres de son quartier. » Que Dieu le couvre de Sa miséricorde.
Il laissa trois enfants, dont deux étaient frères germains : (2) l’Émir des croyants, al-Mustaʽṣim bi-llāh, qui assuma la fonction de calife après lui (3), Abū Aḥmad ʽAbd Allāh, et l’émir Abū al-Qāsim ʽAbd al-ʽAzīz ; il y avait aussi leur sœur, née d’une autre mère, une noble dame, que Dieu préserve son honneur.
De nombreux poèmes furent composés pour le pleurer ; Ibn al-Sāʽī en rapporta un bon nombre. Il (le nouveau calife) ne désigna personne au vizirat, mais confirma Abū al-Ḥasan Muḥammad ibn Muḥammad al-Qummī (4) dans la vice-ministère. Après lui vint Naṣīr (5) al-Dīn Abū al-Azhar Aḥmad ibn Muḥammad al-Nāqid, qui avait servi comme maître de la Maison califale. Dieu – exalté soit-Il – est plus savant quant à la vérité.
[Le califat d’al-Mustaʽṣim bi-llāh]
Il fut l’Émir des croyants et le dernier calife abbasside à Bagdad. C’est le calife-martyr que les Tatars mirent à mort par ordre de Hülegü (6), fils de Tolui, roi des Tatars, lui-même fils de Gengis Khan – que Dieu les maudisse (7) –, en l’an 656, comme il sera expliqué plus loin, si Dieu le veut. Il s’agit d’al-Mustaʽṣim bi-llāh Abū Aḥmad ʽAbd Allāh, fils de l’Émir des croyants al-Mustanṣir bi-llāh Abū Jaʽfar Manṣūr, fils de l’Émir des croyants al-Ẓāhir bi-llāh Abū Naṣr Muḥammad, fils de l’Émir des croyants al-Nāṣir li-Dīn Allāh Abū al-ʽAbbās Aḥmad, fils de l’Émir des croyants al-Mustaḍīʾ bi-Amr Allāh Abū Muḥammad al-Ḥasan, fils de l’Émir des croyants al-Mustanjiḍ bi-llāh Abū al-Muẓaffar Yūsuf, fils de l’Émir des croyants, le calife al-Muqtafī li-Amr Allāh Abū ʽAbd Allāh Muḥammad, fils de l’Émir des croyants, le calife al-Mustaẓhir bi-llāh Abū al-ʽAbbās Aḥmad, fils du calife al-Muqtadī bi-Amr Allāh Abū al-Qāsim ʽAbd Allāh. Le reste de sa généalogie remonte à al-ʽAbbās, comme cela est cité dans la biographie de son grand-père al-Nāṣir. Tous ceux que nous venons d’énumérer exercèrent la fonction de calife successivement, l’un après l’autre. Pareille chose ne s’était jamais produite avant al-Mustaʽṣim : dans sa lignée, il se trouve huit califes consécutifs (8) sans aucune interruption. Il en est le neuvième – que Dieu lui témoigne Sa miséricorde.
Lorsque son père mourut au matin du vendredi 10 Jumādā al-Ākhirah de l’an 640, on le convoqua depuis le palais d’al-Tāj.