Il avait une belle apparence, une âme pure et une conduite exemplaire. Il donnait abondamment en aumônes, en bienfaits et en actes de charité, et faisait le bien envers ses administrés par tous les moyens dont il disposait. Son grand-père, an-Nâsir, avait réuni l’or qu’il recueillait dans un bassin de la demeure du califat, où il se tenait en disant : « Croyez-vous que je vivrai assez pour le remplir ? » Quant à al-Mustanṣir, il se plaçait au même endroit pour déclarer : « Croyez-vous que je vivrai assez pour tout dépenser ? »
Il construisait des ribât (couvents ou hospices), des caravansérails (khânât) et des ponts dans toutes les contrées, et il avait établi dans chaque quartier de Bagdad une maison d’accueil pour les pauvres, notamment durant le mois de Ramadan. Il recherchait les servantes ayant atteint la quarantaine pour les faire acheter, puis il les affranchissait, leur fournissait une dot et les mariait. À tout moment, il distribuait plusieurs milliers de pièces d’or dans les quartiers de Bagdad, aux nécessiteux, aux veuves, aux orphelins et aux autres personnes dans le besoin ; qu’Allah agrée cela de lui et le récompense pour ses actes.
Il fonda à Bagdad la madrasah al-Mustanṣiriyyah pour les quatre écoles (juridiques), y établit une maison des hadiths, un maristân (hôpital), un hammam et une maison de médecine. Il y assura aux ayants droit des allocations, de la nourriture, des confiseries et des fruits en quantité suffisante pour pourvoir à leurs besoins. Il la dota de riches fondations (waqfs), au point que l’on disait que le simple produit de la vente du fourrage issu de ses revenus suffisait à couvrir les dépenses de l’école et de ses pensionnaires. Il y déposa également des ouvrages rares qu’on ne trouvait nulle part ailleurs, si bien que cette école devint un ornement pour Bagdad et même pour toutes les autres régions.
Au début de cette année, le sanctuaire situé à Sâmarrâʾ, attribué à ʿAlî al-Hâdî et al-Ḥasan al-ʿAskarî, fut détruit par un incendie. Il avait été construit par Arslân al-Basâsîrî lorsqu’il dominait cette zone, vers l’an