En l’an cinquante et un, comme on le verra par la suite, le roi al-Mansur (1), Ibrâhîm fils du roi al-Mujâhid, seigneur de Homs, partit avec les gens d’Alep et combattit les Khwârazmiens dans la région de Harrân. Ils les vainquirent et les dispersèrent complètement, puis rentrèrent victorieux dans leurs territoires. Par la suite, Shihâb al-Dîn Ghâzî, seigneur de Mayyâfâriqîn, conclut un accord avec les Khwârazmiens et les recueillit dans sa ville afin qu’ils rejoignent son parti.
Abû Shâma (2) a dit : « Cette année-là, le shaykh ‘Izz al-Dîn (3) est arrivé dans le pays d’Égypte ; son souverain l’honora et lui confia la prédication au Caire ainsi que la fonction de juge suprême d’Égypte, après le décès du juge Sharaf al-Dîn le scribe (4). Puis, il renonça deux fois à ses charges et se retira chez lui ; qu’Allah lui fasse miséricorde. »
Il dit (5) : « Cette même année, [à Mossoul], moururent al-Shams ibn al-Khabbâz, le grammairien aveugle, le septième jour de Rajab, et al-Kamâl ibn Yûnus, le juriste, à la mi-Sha‘bân. Tous deux figuraient parmi les savants les plus distingués de leur ville dans leurs domaines respectifs. »
J’ai dit : Quant à al-Shams ibn al-Khabbâz (6), il s’agit d’Abû ‘Abd Allâh Ahmad ibn al-Husayn ibn Ahmad ibn Ma‘âlî ibn Mansûr ibn ‘Alî, le grammairien aveugle de Mossoul, connu sous le nom d’Ibn al-Khabbâz. Il s’est consacré à l’étude de la langue arabe et a mémorisé « al-Mufassal », « al-Idâh », « al-Takmila », ainsi que les traités de prosodie et d’arithmétique. Il connaissait aussi par cœur « al-Mujmal fî al-lugha » et d’autres ouvrages. Il était de rite shâfi‘ite, grand amateur d’anecdotes et de bons mots, et composait de belles poésies. Il mourut le dixième jour de Rajab (7), à l’âge de cinquante ans — qu’Allah lui fasse miséricorde.
Quant à al-Kamâl ibn Yûnus (8), il s’agit de Mûsâ ibn Yûnus ibn Muhammad ibn Man‘a ibn Mâlik al-‘Uqaylî, Abû al-Fath al-Mawsilî.