Parmi ceux qui décédèrent cette année-là parmi les notables et les célèbres, on compte Muḥyiddīn Ibn ʿArabī (1), auteur du «Fusūs» et d’autres ouvrages. Il s’agit de Muḥammad Ibn ʿAlī Ibn Muḥammad Ibn ʿArabī Abū ʿAbd Allāh al-Ṭāʾī al-Ḥātimī (2), originaire d’al-Andalus. Il voyagea à travers divers pays, séjourna un certain temps à La Mecque et y composa son livre intitulé «al-Futūḥāt al-Makkiyya» en quelque vingt volumes, où se trouvent (3) des choses que l’on peut comprendre et d’autres non, des choses que l’on peut rejeter et d’autres non, et des choses qui sont connues et d’autres qui ne le sont pas. Il est également l’auteur d’un ouvrage appelé «Fuṣūṣ al-Ḥikam» (4), dans lequel se rencontrent de nombreux propos dont le sens apparent relève d’une mécréance manifeste. Il a aussi rédigé «al-ʿAbādila» et un «Dīwān de poésie» d’une grande finesse, ainsi qu’un très grand nombre d’autres œuvres. Il vécut longtemps à Damas avant sa mort. Les Banū al-Zakī avaient pour lui une grande considération, lui accordaient de l’importance et admettaient tout ce qu’il disait.
Abū Shāma (5) déclara : «Il a laissé de nombreux écrits, et rédiger (6) (7) lui était aisé. Il a composé de beaux poèmes et produit un discours abondant sur la voie du soufisme. Ses funérailles furent dignes et il fut inhumé dans le cimetière du cadi Muḥyiddīn Ibn al-Zakī à Qāsiyūn. Ses obsèques eurent lieu le vingt-deuxième jour de Rabīʿ al-Ākhir de cette année.»
Ibn al-Sibṭ (8) rapporta : «Il disait connaître par cœur le Nom Suprême et affirmait détenir la science de l’alchimie par voie de “munāzala” (9) et non par voie d’acquisition (10). C’était un érudit dans le domaine du soufisme et il a produit de nombreux ouvrages.»
Quant au cadi Najm al-Dīn Abū al-ʿAbbās (11) Aḥmad Ibn Muḥammad Ibn Khalf Ibn Rājiḥ al-Maqdisī al-Ḥanbalī, puis devenu shāfiʿite, il était connu sous le nom d’Ibn al-Ḥanbalī.