La Ghazâliyya d’Imâd ad-Dîn Dâwud ibn ‘Umar ibn Yûsuf al-Maqdisî (1), qui fut prédicateur à Bayt al-Abâr. Ensuite, les deux shaykhs quittèrent Damas : Abû ‘Amr an-Nâsir Dâwud se rendit à al-Karak, tandis que le shaykh ‘Izz ad-Dîn gagna les terres d’Égypte. Le sultan Ayyûb l’y accueillit avec respect et honneur, le nomma prédicateur (khatîb) du Caire et juge (qâdî) d’Égypte. Les habitants étudièrent sous sa direction, et parmi ceux qui apprirent auprès de lui figurait le shaykh Taqî ad-Dîn Ibn Daqîq al-‘Îd, qu’Allah leur fasse miséricorde.
La même année, un émissaire arriva de la part du roi tatar Tûlî, fils de Gengis Khân, auprès des souverains musulmans pour les inviter à lui obéir et leur ordonner de raser les fortifications de leurs cités. La lettre portait pour titre : « De la part du vicaire du Seigneur des cieux, celui qui parcourt la surface de la terre, le roi de l’Orient et de l’Occident, Qânqân » (2). Ce message était confié à un homme musulman d’Ispahan, d’un caractère agréable. Il se présenta d’abord à Shihâb ad-Dîn Ghâzî ibn al-‘Adil à Mayyâfâriqîn (3) et rapporta (4) des faits étranges et merveilleux au sujet de leur contrée.
Parmi ceux-ci : dans les régions voisines de la Barrière, il existerait un peuple dont les yeux se trouvent dans les épaules, et la bouche au niveau de la poitrine ; ils se nourrissent de poisson et fuient toute présence humaine (6). Il mentionna aussi qu’ils possèdent une semence qui fait « pousser » des brebis ; les agneaux qui en proviennent vivent deux ou trois mois, mais ne peuvent se reproduire.
On rapporte également qu’à Mâzandarân, surgit tous les trente ans d’une source une grande pièce de bois semblable à un minaret, qui reste visible tout le jour, puis, au coucher du soleil (7), elle disparaît (8) dans la source et ne réapparaît pas avant le même moment trente ans plus tard. Un roi aurait tenté de la retenir à l’aide de chaînes, mais l’objet s’enfonça, brisant les chaînes. Depuis, lorsque cette pièce de bois refait surface, on peut encore apercevoir les chaînes ; et cet état demeure ainsi jusqu’à maintenant (9).
Abû Shâma (10) a rapporté : « Cette année-là, la pluie fut rare, tant depuis le ciel (11) que du sol, et une grande partie des récoltes (12) et des fruits fut endommagée. Et Dieu est plus savant. »