Le seigneur de Mossoul se mit en campagne contre eux – alors qu’al-Jawâd était parti à la chasse – et s’empara de la ville sans exiger de paiement. Al-Jawâd se rendit alors à Ghâna(1), puis la revendit ensuite au calife.
Au mois de Rabî‘ al-Awwal, le juge éminent(2) ‘Abd al-‘Azîz ibn ‘Abd al-Wâhid al-Jîlî donna une leçon à l’école de ash-Shâmiyya al-Barrâniyya. Le mercredi trois Rabî‘ al-Âkhir, le cheikh ‘Izz ad-Dîn ‘Abd al-‘Azîz(3) ibn ‘Abd as-Salâm ibn Abî al-Qâsim as-Sulamî fut nommé prédicateur de la Grande Mosquée de Damas. Pendant ce temps, as-Sâlih Ismâ‘îl prononça le prône au nom du souverain des Rûm à Damas et dans d’autres régions, parce qu’il s’était allié avec lui contre as-Sâlih Ayyûb.
Abû Shâma(4) rapporte : « En juin, pendant la saison des abricots, une forte pluie s’abattit, détruisant nombre de murs et d’autres constructions, et j’étais alors à al-Mizza. »
[Parmi les notables décédés cette année] :
Le seigneur de Homs, al-Malik al-Mujâhid(5) Asad ad-Dîn Shîrkûh ibn Nâsir ad-Dîn Muhammad ibn Asad ad-Dîn Shîrkûh ibn Shâdhî.
Al-Malik an-Nâsir Salâh ad-Dîn le lui avait confié après la mort de son père en l’an 581 (de l’Hégire). Il gouverna Homs pendant cinquante-sept ans et fut l’un des meilleurs souverains par sa conduite exemplaire. Il purifia son territoire du vin, des taxes illégitimes et des actes répréhensibles. Ses terres jouissaient d’une grande sécurité et d’une justice rigoureuse : ni Franc ni Arabe n’osait y entrer sans subir le plus grand des affronts. Les rois de la dynastie ayyoubide le craignaient, car il estimait avoir plus de droit qu’eux à gouverner, étant le petit-fils de celui qui conquit l’Égypte et fut le premier à régner parmi eux. Il mourut (qu’Allâh lui fasse miséricorde) à Homs, et des funérailles furent organisées pour lui à la Grande Mosquée de Damas. Qu’Allâh lui pardonne par Sa grâce.
Le qâdî al-Khuwayyî, Shams ad-Dîn Ahmad ibn Khalîl(6) ibn Sa‘âda ibn Ja‘far al-Khuwayyî(7), exerçait alors la fonction de juge suprême (qâdî al-qudât) à Damas.