Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Lorsque la nouvelle de l’incident parvint au sultan aṣ-Ṣāliḥ Ayyūb (1), ses compagnons et les émirs se dispersèrent, craignant pour leurs familles la réaction du sultan aṣ-Ṣāliḥ Ismāʿīl. Seul demeura aṣ-Ṣāliḥ Ayyūb, accompagné de ses mamelouks et de sa concubine, la mère de son fils Khalīl. Les paysans et les Ghawārina (3) convoitaient alors sa capture (2).

An-Nāṣir Dāwūd, seigneur d’al-Karak, envoya des hommes pour le saisir à Naplouse, le traitant avec mépris et l’amenant sur une mule dépourvue d’éperons et de cravache. Il le retint prisonnier chez lui sept mois. Pendant ce temps, al-ʿĀdil, depuis l’Égypte, envoya un messager à an-Nāṣir pour réclamer la libération de son frère aṣ-Ṣāliḥ Ayyūb pour la somme de cent mille dinars. Cependant, an-Nāṣir Dāwūd refusa cette proposition et fit même le contraire de ce qui était demandé, en faisant sortir aṣ-Ṣāliḥ de prison et en le laissant libre de ses mouvements.

Alors, les rois de Damas, d’Égypte et d’autres régions déclarèrent la guerre à an-Nāṣir Dāwūd. Al-ʿĀdil quitta l’Égypte pour se rendre à Bilbays avec l’intention de l’affronter. Mais l’armée se troubla, les émirs se divisèrent, enchaînèrent al-ʿĀdil et l’emprisonnèrent dans sa kharkāh (5). Ils mandèrent ensuite aṣ-Ṣāliḥ Ayyūb de venir à eux, mais an-Nāṣir Dāwūd refusa de le laisser partir tant qu’on ne lui obtiendrait pas Damas, Ḥimṣ, Ḥalab (Alep), les contrées d’al-Jazīra, la région de Diyār Bakr, la moitié du royaume d’Égypte et la moitié de tout ce que renfermaient les trésors en biens, en argent et en joyaux.

Aṣ-Ṣāliḥ Ayyūb déclara : « J’ai consenti à cela contraint (6), car personne, même tous les rois de la terre réunis, ne pourrait satisfaire une telle exigence. Nous sommes donc partis, et je l’ai emmené avec moi, redoutant qu’il ne s’agît d’une ruse (7) des Égyptiens. En vérité, je n’avais nul besoin de lui. On rapporte qu’il s’enivrait, agissait de manière inconsistante et rejetait les avis judicieux. »

Lorsque aṣ-Ṣāliḥ arriva auprès des Égyptiens, ils le proclamèrent roi et il entra en Égypte sain et sauf, soutenu, victorieux, triomphant, heureux et comblé de joie. Il envoya alors vingt mille dinars à an-Nāṣir Dāwūd, qui les refusa et ne les accepta pas. C’est ainsi que le règne de aṣ-Ṣāliḥ s’établit en Égypte.

Quant au roi al-Malik al-Jawād, il se montra injuste dans son administration de Sinjār (8), confisquant les biens de ses habitants et leur imposant des traitements arbitraires. Ceux-ci (9) écrivirent alors à Badr ad-Dīn Luʾluʾ pour se plaindre de sa conduite.

(1) Concernant Ṭā seules. (2) Ṭā : Waṭmaʿ. (3) ʾA : al-ʿAwārina. ʿB : al-Fawwāriyya, ce qui est contextuellement approprié, confirmé d'après l'expression d'al-Sibt dans Mirʾāt al-Zamān (8/480) au sujet des habitants de l'ouest. (4) ʾA, ʿB : « qu'il ne répondit pas ». (5) Le hadith a été évoqué auparavant, indiquant qu'il s'agit de la tente royale. (6) ʾA, ʿB : conformément à ce qui est imposé aux rois de la terre. (7) ʾA, ʿB : par crainte que ce livre ne soit... (8) ʾA, ʿB : à Sinǧār. (9) ʾA, ʿB : « et ils étaient ».
ولما وصل الخبرُ بما وقع إِلى الصالح أيوب (١) تفرق عنه أصحابه والأمراء خوفًا على أهاليهم من الصالح إِسماعيل، وبقي الصالح أيوب وحدَه بمماليكه وجاريته أم ولده خليل، فطمع (٢) فيه الفلاحون والغوارنة (٣) . وأرسل الناصر داود صاحب الكرك إِليه مَنْ أخذه من نابلس مهانًا على بغلةٍ بلا مهمازٍ ولا مقرعة، فاعتقله عنده سبعة أشهر، وأرسل العادل من مصر إِلى الناصر يطلب منه أخاه الصالح أيوب ويعطيه مئة ألف دينار، فما أجابه (٤) إِلى ذلك، بل عكس ما طلب منه بإِخراج الصالح من سجنه والإِفراج عنه وإِطلاقه من الحبس يركب وينزل. فعند ذلك حاربت الملوك من دمشق ومصر وغيرهما الناصر داود، وبرز العادل من الديار المصرية إِلى بلبيس قاصدًا قتال الناصر داود، فاضطرب الجيش عليه واختلفت الأمراء، وقَيَّدوا العادل واعتقلوه في خركاه (٥) ، وأرسلوا إِلى الصالح أيوب يستدعونه إِليهم، فامتنع الناصر داود من إِرساله حتى اشترط عليه أن يأخذ له دمشقَ وحمصَ وحلبَ وبلاد الجزيرة وبلاد ديار بكر ونصفَ مملكةِ مصر، ونصفَ ما في الخزائن من الحواصل والأموال والجواهر. قال الصالح أيوب: فأجبت إِلى ذلك مكرهًا، ولا تقدر على ما اشترط جميع ملوك الأرض (٦) ، وسرنا فأخذته معي خائفًا أن تكون هذه الكائنة (٧) من المصريين مكيدةً، ولم يكن لي به حاجةٌ، وذكر أنه كان يسكر ويخبط في الأمور ويخالف في الآراء السديدة. فلما وصل الصالح إِلى المصريين مَلَّكُوه عليهم ودخلَ الديارَ المصرية سالمًا مؤيدًا منصورًا مظفرًا محبورًا مسرورًا، فأرسل إلى الناصر داود عشرين ألف دينار فردَّها عليه ولم يقبلها منه. واستقرَّ ملكهُ بمصر. وأما الملك الجواد فإِنه أساء السيرة في سنجار (٨) وصادر أهلها وعسفهم، فكاتبوا (٩) بدرَ الدين لؤلؤًا
(١) عن ط وحدها. (٢) ط: وطمع. (٣) أ: العوارنة. ب: الفوارية، وما هنا للسياق، أثبته من عبارة السبط في مرآة الزمان (٨/ ٤٨٠) أهل الغور. (٤) أ، ب: فما أجاب. (٥) تقدم الحديث عنها وأنها الخيمة الملكية. (٦) أ، ب: على ما اشترط على ملوك الأرض. (٧) أ، ب: خوفًا أن يكون هذا الكتاب. (٨) أ، ب: بسنجار. (٩) أ، ب: وكانوا.

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