Les cieux et la terre ainsi que tout ce qui se trouve entre les deux, Il crée ce qu’Il veut, et Dieu est capable de toute chose. (Al-Ma’ida, v. 17)
Dieu – exalté soit-Il – informe ainsi de leur mécréance et de leur ignorance, et explique qu’Il est le Créateur, le Tout-Puissant sur toute chose, Celui qui dispose de toute chose, et qu’Il est le Seigneur de toute chose, son Souverain et sa Divinité.
Vers la fin de ce passage, Il déclare : « Certes, sont mécréants ceux qui disent : “Dieu est le Messie, fils de Marie.” Or, le Messie a dit : “Ô Enfants d’Israël, adorez Dieu, mon Seigneur et votre Seigneur. Quiconque associe (d’autres divinités) à Dieu, Dieu lui interdit le Paradis et son refuge sera le Feu. Et pour les injustes, il n’y a point de secoureurs.” (v. 72) Certes, sont mécréants ceux qui disent : “Dieu est le troisième de trois.” Alors qu’il n’y a de divinité qu’une Divinité unique. S’ils ne cessent de tenir ces propos, un châtiment douloureux touchera ceux d’entre eux qui sont mécréants (v. 73). Ne vont-ils pas se repentir devant Dieu et implorer Son pardon ? Car Dieu est Pardonneur et Miséricordieux (v. 74). Le Messie, fils de Marie, n’était qu’un Messager – d’autres messagers sont passés avant lui – et sa mère était une véridique. Tous deux mangeaient de la nourriture. Vois comme Nous leur exposons les preuves, puis vois comme ils s’en détournent ! » (Al-Ma’ida, v. 72-75)
Dieu a décrété leur mécréance autant du point de vue de Sa loi (char‘) que de Son décret divin (qadar). Il informe que cela leur est venu alors même que le messager qu’Il leur envoya, Jésus fils de Marie, leur avait montré qu’il n’était qu’un serviteur soumis, créé et formé dans le sein maternel, appelant à l’adoration de Dieu Seul, sans associé. Il les menaça, s’ils s’écartaient de cela, du Feu et de l’impossibilité d’accéder à la demeure du salut ; Il leur promit aussi la honte et l’infamie dans l’au-delà. Ainsi, Il dit : « Quiconque associe (d’autres divinités) à Dieu, Dieu lui interdit le Paradis et son refuge sera le Feu. Et pour les injustes, il n’y a point de secoureurs. »
Ensuite Il dit – exalté soit-Il : « Certes, sont mécréants ceux qui disent : “Dieu est le troisième de trois.” Or il n’y a de divinité qu’une Divinité unique. » Ibn Jarîr (2) et d’autres ont expliqué que cela désigne la croyance en trois hypostases (3) : l’hypostase du Père, celle du Fils et celle de la Parole issue du Père vers le Fils. Sur ce point, ils divergent entre Melkites, Jacobites et Nestoriens – que les malédictions de Dieu soient sur eux –, comme nous l’exposerons en décrivant leurs divergences et leurs trois conciles tenus à l’époque de Constantin fils de Qustus, trois cents ans après le Messie, et trois cents ans avant la mission de Muḥammad.
C’est pourquoi Dieu – exalté soit-Il – déclare ensuite : « Or il n’y a pas de divinité à part une Divinité unique » : à savoir qu’il n’y a de dieu que Dieu Seul, sans associé, sans égal, sans semblable, sans épouse, ni enfant. Puis Il les menace et les avertit : « S’ils ne cessent pas ce qu’ils disent, un châtiment douloureux touchera ceux d’entre eux qui sont mécréants. » Ensuite, par Sa miséricorde et Sa bonté, Il les appelle à la repentance et à la demande de pardon pour ces fautes graves et immenses qui mènent au Feu : « Ne vont-ils pas se repentir devant Dieu et implorer Son pardon ? Car Dieu est Pardonneur et Miséricordieux. »
Dieu expose ensuite la condition du Messie et de sa mère, soulignant que Jésus est un simple serviteur et messager, et que « sa mère était une véridique » (c’est-à-dire innocente de toute turpitude, contrairement à ce que disent les Juifs – que la malédiction de Dieu soit sur eux). Ce verset prouve aussi qu’elle n’est pas prophétesse, contrairement à l’opinion de certains savants. Lorsqu’Il affirme : « Ils mangeaient tous deux de la nourriture », c’est un euphémisme se rapportant à la nécessité de satisfaire les besoins naturels, ce qui démontre qu’ils ne peuvent être divins. Gloire à Dieu, et quelle élévation au-dessus de leurs propos insensés !