À Jīnīn (1), tandis que l’Nāṣir se trouvait à Sabasṭiyya, il s’enfuit devant eux et ils s’emparèrent de ses provisions et de ses bagages. Ils s’enrichirent ainsi, tandis qu’il tomba dans une extrême pauvreté à cause de cela. Al-Nāṣir retourna alors à al-Karak, réduit à l’état de fugitif, dépouillé de ses biens et de ses effets, tandis qu’al-Jawād regagna Damas, soutenu et victorieux.
Cette même année, les Khwarezmiens s’opposèrent au roi al-Ṣāliḥ Najm al-Dīn Ayyūb ibn al-Kāmil, seigneur du [fort] de Kayfa et de ses environs, et ils projetèrent de s’emparer de sa personne. Celui-ci s’enfuit alors, mais ils pillèrent ses biens et ses bagages. Il chercha refuge à Sinjār, où Badr al-Dīn Lu’lu’, le seigneur de Mossoul, vint l’assiéger, avec l’intention de le livrer au calife enfermé dans une cage. Les habitants de cette région lui étaient hostiles, en raison de son orgueil et de la force de son autorité. Il ne lui restait que peu de temps avant d’être capturé, si bien qu’il dépêcha des courriers aux Khwarezmiens et sollicita leur secours (2), leur promettant de nombreux avantages. Ceux-ci accoururent à lui en détachements légers pour l’empêcher d’être livré à Badr al-Dīn Lu’lu’. Lorsque Lu’lu’ s’aperçut de leur arrivée, il prit la fuite. Les Khwarezmiens s’emparèrent alors de ses biens et de ses bagages, y trouvant une grande richesse qu’il est impossible de décrire ou d’estimer. Quant à Lu’lu’, il regagna dépité sa ville de Mossoul, dépouillé de tout, et al-Ṣāliḥ Ayyūb échappa au danger qui le menaçait.
[Parmi les notables qui décédèrent cette même année]
Il y eut l’orateur ad-Dawlaʿī (3), Muḥammad ibn Zayd ibn Yāsīn, connu sous le nom de l’orateur Jamāl al-Dīn ad-Dawlaʿī, originaire d’un village aux abords de Mossoul. Nous l’avons déjà mentionné dans la biographie de son oncle, ʿAbd al-Malik ibn Yāsīn, l’orateur à Damas également. Il exerça la fonction d’enseignant à la madrasa al-Ghazāliyya, tout en étant orateur. Al-Muʿaẓẓam lui interdit un temps de prononcer des fatwas (5), ce dont as-Sibt le blâma, mais il s’excusa en expliquant que les maîtres de sa ville lui avaient conseillé cela (6) en raison de la fréquence de ses erreurs dans ses avis juridiques.
Il était extrêmement assidu dans ses fonctions, au point de demeurer presque sans cesse à la maison de l’oratoire. Malgré la grande richesse dont il disposait, il n’accomplit jamais le pèlerinage. Il dota d’un waqf une madrasa à Jīrūn (7) [et en finança sept autres dans la mosquée. Lorsqu’il mourut, on l’enterra dans sa madrasa de Jīrūn] (8). Après cela, la fonction d’orateur fut confiée (à un successeur).