Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Une petite demeure dans la maison de la citadelle (1), c’est la maison où mourut son oncle, le roi an-Nâsir Salâh ad-Dîn. Lorsque al-Kâmil mourut (2), nul n’était présent auprès de lui tant sa majesté imposait la crainte ; on entra alors et on le trouva décédé, qu’Allah lui fasse miséricorde. Il était né en l’an six (3) soixante-seize et cinq cents (576 H). Il était le plus âgé des fils d’al-ʿÂdil après Hamdûd (4). C’est à lui qu’al-ʿÂdil légua le pouvoir, sachant ce qu’il valait, reconnaissant la perfection de son intelligence et l’étendue (5) de son savoir. Il comprenait fort bien les choses, aimait les savants et leur posait des questions difficiles. Il a laissé d’excellentes remarques sur le Ṣaḥîḥ de Muslim. Il était doué d’une grande vivacité d’esprit, impressionnant, courageux, juste, équitable, doté d’une forte autorité et d’un grand prestige. Il régna sur l’Égypte pendant trente ans (6). Durant son règne, les routes étaient sûres et les sujets jouissaient de l’équité : nul n’osait commettre d’injustice envers qui que ce fût. Il fit pendre un groupe de soldats qui avaient volé de l’orge à des paysans sur les terres d’Âmid. L’un des coureurs (rukbdârîya) vint se plaindre auprès de lui que son maître l’avait employé six mois sans salaire. Al-Kâmil convoqua alors le soldat et le revêtit des habits des coureurs (7), tandis qu’il fit porter au coureur (8) la tenue du soldat. Il ordonna au soldat de servir le coureur pendant six mois dans ces conditions, et que celui-ci se présente au cortège et au service jusqu’à l’échéance. Les gens en furent ainsi corrigés avec la plus grande efficacité.

Il eut le grand mérite de rendre le port de Damiette aux musulmans après que les Francs, qu’Allah les maudisse, s’en furent emparés. Il les tint en échec quatre ans, puis reprit la ville de leurs mains. Le jour où il la reprit fut un jour mémorable, comme nous l’avons déjà détaillé ; qu’Allah lui fasse miséricorde.

Il mourut dans la nuit du jeudi 22 Rajab de cette année, et fut enterré dans la Citadelle, jusqu’à ce que son tombeau — situé au mur nord de la grande mosquée, doté d’une fenêtre près de la maqṣûra d’Ibn Sinân, dans cette pièce appelée al-kandiyya auprès des gens d’Alep — fût achevé. Il y fut transféré la nuit du vendredi 21 Ramaḍân de la même année.

Voici quelques vers de sa composition, adressés à son frère, [le roi] al-Ashraf, alors qu’il se trouvait en pays de Djazîra, pendant le siège de Damiette :

[Du mètre al-kâmil]
« Ô toi, mon secoureur, si tu l’es véritablement,
Pars donc sans contrainte ni hésitation !
Plie (9) les demeures et les contrées et ne fais halte
Que devant la porte du souverain al-Ashraf ! »

(1) A : « من دار وهو » ; B : « من دار القصة ». (2) A, B : La circonstance de sa mort. (3) Un tiers. (4) A, B : Rejeté. (Tarlooh al-Quloob, p. 81). (5) A, B : Abondant. (6) A : Une année entière. (7) T : Qubāb. (8) A, B : Al-Rukbdār. (9) A, B : « Wa-atruk » (Et laisse).
بيت صغير من دار القصبة (١) ، وهو البيت الذي توفي فيه عمه الملك الناصر صلاح الدين، ولم يكن عند الكامل أحد عند موته (٢) من شدة هيبته، بل دخلوا فوجدوه ميتًا رحمه الله تعالى، وقد كان مولده في سنة ست (٣) وسبعين وخمسمئة، وكان أكبر أولاد العادل بعد حمدود (٤) ، وإِليه أوصى العادل لعلمه بشأنه وكمال عقله، وتوفر (٥) معرفته، وقد كان جيدَ الفهم يحبُّ العلماء، ويسألهم أسئلةً مشكلةً، وله كلامٌ جيدٌ على صحيح مسلم، وكان ذكيًا مهيبًا ذا بأسٍ شديدٍ، عادلٍ منصفٍ له حرمة وافرة، وسطوة قوية، ملك مصر ثلاثين سنة (٦) ، وكانت الطرقاتُ في زمانه آمنةً، والرعايا متناصفة، لا يتجاسر أحدٌ أن يظلم أحدًا، شَنَقَ جماعةً من الأجناد أخذوا شعيرًا لبعض الفلاحين بارض آمد، واشتكى إِليه بعض الركبدارية أن أستاذه استعمله ستةَ أشهرٍ بلا أجرةٍ، فأحضر الجندي وألبسه ثياب (٧) الركبدارية، وألبس الركبداري (٨) ثيابَ الجندي، وأمر الجندي أن يخدم الركبدار ستةَ أشهر على هذه الهيئة، ويحضر الركبدار الموكب والخدمة حتى ينقضي الأجل فتأدَّبَ الناسُ بذلك غاية الأدب. وكانت له اليدُ البيضاءُ في ردِّ ثغرِ دمياط إِلى المسلمين بعد أن استحوذ عليه الفرنج لعنهم الله، فرابطهم أربعَ سنين حتى استنقذه منهم، وكان يوم أخذه له واسترجاعه إِياه يومًا مشهودًا، كما ذكرنا مفصلًا رحمه الله تعالى. وكانت وفاته في ليلة الخميس الثاني والعشرين من رجب من هذه السنة، ودُفن بالقلعة حتى كملت تربته التي بالحائط الشمالي من الجامع ذات الشباك الذي هناك قريبًا من مقصورة ابن سنان، وهي الكندية التي عند الحلبية، نقل إِليها ليلة الجمعة الحادي والعشرين من رمضان من هذه السنة. ومن شعره يستحثّ أخاه [الملك] الأشرفَ من بلاد الجزيرة حين كان محاصرًا بدمياط: [من الكامل] يا مُسعفي إِنْ كنتَ حقًا مُسعفي … فارحلْ بغيرِ تقيَّدٍ وتوقفِ واطْوِ (٩) المنازلَ والديارَ ولا تنخْ … إِلا على بابِ المليكِ الأشرفِ
(١) أ: من دار وهو، وب: من دار القصة. (٢) أ، ب: حال موته. (٣) ثلث. (٤) أ، ب: مردود. ترويح القلوب (٨١). (٥) أ، ب: وفور. (٦) أ: سنة كاملة. (٧) ط: قباب (٨) أ، ب: الركبدار. (٩) أ، ب: واترك.

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