Les Damascènes dont on disait qu’ils étaient avec al-Kāmil comptaient, entre autres, le savant Taʿāsīf (1) ainsi que les fils d’Ibn Mazhar, qui furent emprisonnés à Bosrā. Al-Ḥarīrī fut libéré de la citadelle d’Azzāz (2), à condition qu’il n’entre pas à Damas. Puis al-Kāmil arriva d’Égypte, rejoint par an-Nāṣir Dāwūd, seigneur d’al-Karak, de Naplouse et de Jérusalem ; ils assiégèrent Damas d’un siège rigoureux. As-Sāliḥ Ismāʿīl la fortifia, coupa les eaux (3) et al-Kāmil dévia le cours du Baradā vers Thawrā. Al-ʿUqaybiba et le Qasr Ḥajjāj furent incendiés, réduisant de nombreuses personnes à la misère et en brûlant d’autres (4). De longs événements (5) s’ensuivirent.
À la fin de Jumādā l-Ūlā, la situation évolua de telle sorte qu’as-Sāliḥ Ismāʿīl remit Damas à son frère al-Kāmil, à la condition de conserver Baʿlabakk et Bosrā, et la paix fut rétablie. Leur réconciliation fut alors conclue par l’entremise du qāḍī Muḥyī ad-Dīn Yūsuf ibn ash-Shaykh Abī l-Faraj ibn al-Jawzī, qui se trouvait à Damas en tant qu’émissaire du calife ; qu’Allāh le bénisse. Al-Kāmil entra dans Damas et libéra al-Falak (6) ibn al-Maysīrī de la « prison des serpents » de la citadelle, où al-Ashraf l’avait enfermé, puis al-Ashraf fut transféré dans son propre mausolée.
Le lundi 6 Jumādā l-Ākhirah, al-Kāmil ordonna aux imams (7) de la grande mosquée de ne laisser personne parmi eux diriger la prière du Maghreb, hormis l’imam principal, afin de mettre fin aux troubles et divergences provoqués par la multiplicité des offices. C’était une sage décision (– qu'Allah lui fasse miséricorde –). La même mesure fut mise en œuvre à notre époque lors de la prière de tarāwīḥ : les fidèles se rassemblèrent autour d’un seul récitant, l’imam principal, dans le miḥrāb proche du minbar. Ce jour-là, il ne restait plus d’autre imam (8) que celui d’al-Ḥalabiyyah, près du sanctuaire de ʿAlī ; s’il avait été autorisé à mener la prière, cela aurait été louable, et Dieu sait mieux.
Voici maintenant la mention du décès du roi al-Kāmil (9) Muḥammad ibn al-ʿĀdil – que Dieu lui fasse miséricorde. Al-Kāmil gouverna [Damas] pendant deux mois, puis il fut atteint de plusieurs maladies (10) : toux, diarrhée, inflammation de la gorge et goutte aux pieds. Il advint alors qu’il mourut durant