Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Il dit :
« L’un de mes serviteurs mourut et laissa un fils qui, dans ces contrées, n’avait pas son pareil en beauté ni en charme. Je l’aimais et je l’avais rapproché de moi. Ceux qui ne comprenaient pas mes intentions me soupçonnaient à son sujet. Il arriva qu’il attaqua un homme et le frappa jusqu’à le tuer. Les héritiers de la victime portèrent alors plainte auprès de moi. Je leur dis : “Apportez la preuve qu’il l’a tué.” Ils le prouvèrent. Mes autres serviteurs cherchèrent à le défendre et voulurent satisfaire les plaignants en leur offrant dix fois le prix du sang (la diya), mais ils refusèrent. »

« Ils m’attendirent ensuite sur le chemin en déclarant : “Nous avons prouvé qu’il a commis le meurtre.” Je leur répondis : “Prenez-le, il est à vous.” Ils l’emmenèrent donc et le mirent à mort. S’ils m’avaient demandé la totalité de mon royaume comme rançon pour lui, je le leur aurais donné. Mais j’ai eu honte devant Dieu de m’opposer à Sa Loi pour mon intérêt personnel. Que Dieu lui fasse miséricorde et lui pardonne. »

« Lorsqu’il prit possession de Damas, en l’an 626 de l’Hégire, son héraut proclama dans la ville que nul parmi les jurisconsultes ne devait plus s’occuper d’autre chose que de l’exégèse coranique, du hadith et du fiqh. Quant à ceux qui s’adonneraient à la logique ou aux sciences des Anciens, ils seraient expulsés de la cité. La ville vécut alors dans un climat de sécurité et de justice exemplaire, avec de nombreuses aumônes et bienfaits. La citadelle ne fermait pas ses portes durant toutes les nuits du Ramadan, et l’on y préparait des plateaux de douceurs qu’on envoyait à la grande mosquée, aux khanqahs (couvents de soufis), aux ribâts, ainsi qu’aux pieux, aux pauvres, aux notables et à d’autres encore. La plupart de ses assemblées se tenaient dans la mosquée d’Abou ad-Dardâ’, qu’il avait reconstruite et ornée au sein de la citadelle — il jouissait d’une grande bénédiction et jamais l’on ne brisa une seule de ses bannières. »

« Il fit venir de Bagdad le savant az-Zabîdî pour réciter devant lui et la population le Sahîh de Boukhârî et d’autres ouvrages. Il avait en effet un fort penchant pour les traditions prophétiques (hadith) et ceux qui les transmettaient. À sa mort — que Dieu lui fasse miséricorde — quelqu’un le vit en songe vêtu de vêtements verts, en train de voler avec un groupe de pieux serviteurs. À cette vision, il lui dit : “Comment se fait-il, toi qui autrefois consommais des boissons interdites en ce monde ?” Il répondit : “C’est ce corps-là que nous utilisions jadis pour ces actes chez vous. Quant à cette âme qui aimait ces hommes vertueux, elle est désormais en leur compagnie.” Par Dieu, il disait vrai — que Dieu lui fasse miséricorde —, car le Messager de Dieu (paix et salut sur lui) a dit : “L’homme sera avec ceux qu’il aime.” »

« Avant de mourir, il avait désigné son frère, as-Sâlih Ismâ‘îl, comme son successeur. Mais lorsque son frère décéda, il monta lui-même sur le trône dans tout l’apparat royal, et les gens marchèrent devant lui. Le seigneur de Homs et ‘Izz ad-Dîn Aybak al-Mu‘azzamî chevauchèrent à ses côtés, l’un d’eux portant le dais au-dessus de sa tête. Par la suite, il soumit un certain nombre de personnes à des confiscations… »

(1) Jaḥafat : signifie "elle s'est pressée". Selon le dictionnaire : jaḥaf. (2) Ṭ : mais j'ai eu honte devant Dieu. (3) A, B : son crieur l'a appelé ainsi. (4) A, B : et les khawānik. (5) Selon Ṭ seulement. (6) A, B : et elle ne fut pas cassée. (7) La biographie d'al-Zubaydī a été publiée précédemment dans Wafayāt en l’an 629. (8) A, B : certains d’entre eux en rêve. (9) A, B : il lui dit : “Qu'est-ce que cela alors que tu souffrais dans le monde de l’alcool ?” (10) A, B : et déjà. (11) La biographie d’Aybak al-Muʿaẓẓamī sera présentée dans Wafayāt en l’an 645 de l’Hégire.
قال: ومات مملوك من مماليكي وترك ولدًا ليس يكون في الناس بتلك البلاد أحسن شبابًا، ولا أحلى شكلًا منه، فأحببتُه وقرَّبتُه، وكان من لا يفهم أمري يتهمني به، فاتفق أنه عدا على إِنسان فضربه حتى قتله، فاشتكى عليه إِليَّ أولياءُ المقتول، فقلت أثبتوا أنه قتله، فأثبتوا ذلك فجاحفت (١) عنه مماليكي وأرادوا إِرضاءهم بعشر ديات فلم يقبلوا، ووقفوا لي في الطريق وقالوا: قد أثبتنا أنه قتله، فقلت: خذوه فتسلموه [فأخذوه] فقتلوه، ولو طلبوا مني ملكي فداءً له لدفعته إِليهم، ولكنني استحييت (٢) من الله أن أعارض شرعه بحظ نفسي، رحمه الله تعالى وعفا عنه. ولما ملك دمشق في سنة ست وعشرين وستمئة نادى مناديه فيها (٣) أن لا يشتغلَ أحدٌ من الفقهاء بشيء من العلوم سوى التفسير والحديث والفقه، ومَن اشتغلَ بالمنطق وعلوم الأوائل نُفي من البلد. وكان البلد به في غاية الأمن والعدل، وكثرة الصدقات والخيرات، كانت القلعة لا تُغلق في ليالي رمضان كلها، وصحون الحلاوات خارجة منها إِلى الجامع والخوانق (٤) والرُّبُط، والصالحية، وإِلى الصالحين والفقراء والرؤساء وغيرهم، وكان أكثر جلوسه بمسجد أبي الدرداء الذي جدَّده وزخرفه بالقلعة [، وكان ميمون النقيبة] (٥) ما كسرت (٦) له راية قط، وقد استدعى الزَّبيدي (٧) من بغداد حتى سمع هو والناس عليه صحيح البخاري، وغيره، وكان له ميل [كثير] إِلى الحديث وأهله، ولما توفي (رحمه الله) رآه بعض الناس (٨) وعليه ثيابٌ خضرٌ وهو يطيرُ مع جماعةٍ من الصالحين، فقال: ما هذا وقد كنت تعاني الشراب في الدنيا (٩) ؟ فقال: ذاك البَدَن الذي كنّا نفعلُ به ذاك عندكم [في الدنيا] ، وهذه الروح التي كنا نحبّ بها هؤلاء فهي معهم، ولقد (١٠) صدق (رحمه الله) ، قال رسول الله ﷺ "المرءُ مَعَ مَنْ أَحبَّ" وقد كان أوصى بالملك من بعده لأخيه الصالح إِسماعيل، فلما توفي أخوه ركب في أُبَّهة الملك ومشى الناس بين يديه، وركب إِلى جانبه صاحبُ حمص وعزّ الدين أيبك المعظمي (١١) حامل الغاشية على رأسه، ثم إِنه صادر جماعةً من
(١) جاحفت: زاحمت. القاموس: جحف. (٢) ط: ولكن استحييت من الله. (٣) أ، ب: نادى مناديه بها. (٤) أ، ب: والخوانك. (٥) عن ط وحدها. (٦) أ، ب: ولم تكسر. (٧) تقدمت ترجمة الزبيدي في وفيات سنة ٦٢٩. (٨) أ، ب: بعضهم في المنام. (٩) أ، ب: فقال له ما هذا وقد كنت تعاني في الدنيا الشراب. (١٠) أ، ب: وقد. (١١) سترد ترجمة أيبك المعظمي في وفيات سنة ٦٤٥ هـ.

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