Il avait dirigé la Dār al-Ḥadīth al-Kāmiliyya lorsque son frère en fut destitué, et il y resta jusqu’à ce qu’il meure au cours de cette même année (1). Il s’était également consacré à l’art du hadith, qu’Allah, Exalté soit-Il, lui fasse miséricorde.
Le juge (‘qāḍī’) ‘Abd al-Raḥmān al-Tikrītī (3), qui exerçait sa fonction de magistrat à al-Karak et enseignait à l’école de Zabadānī, partit à Jérusalem puis à Damas lorsque les biens waqf de son école furent confisqués. Là-bas (4), il suppléait les juges pour leurs fonctions. C’était un homme de grande vertu, intègre, chaste et pieux, qu’Allah lui fasse miséricorde et l’agrée.
[Puis nous entrons dans l’année 635 de l’Hégire]
Durant cette année : al-Ashraf mourut, suivi de son frère al-Kāmil. Quant à al-Ashraf Mūsā ibn al-ʿĀdil, bâtisseur de la Dār al-Ḥadīth al-Ashrafiyya, de la mosquée de la Tawbā et de la mosquée Jarrāḥ, il décéda un jeudi 4 Muḥarram de cette année, dans la citadelle al-Manṣūra, où il fut enterré jusqu’à l’achèvement de son tombeau construit pour lui au nord d’al-Kalāsa. Il y fut ensuite transféré, qu’Allah lui fasse miséricorde, au mois de Jumādā al-Ūlā. Son mal avait commencé en Rajab de l’année (5) précédente, et diverses affections se succédèrent, au point que le chirurgien retirait des os de son crâne tandis qu’il continuait à louer Dieu (Exalté soit-Il). Vers la fin de l’année, son état empira et il fut atteint d’une diarrhée sévère qui l’épuisa complètement. Il se prépara alors à la rencontre de Dieu (Exalté soit-Il) : il affranchit deux cents esclaves et servantes, il consacra la Dār Farūkhshāh – appelée Dār al-Saʿāda – ainsi que son verger à an-Nayrab pour ses deux fils et fit d’importantes aumônes. On lui présenta un linceul qu’il avait préparé à partir des vêtements appartenant à des pauvres et à des maîtres spirituels vertueux qu’il avait fréquentés.
Il était, qu’Allah lui fasse miséricorde, courageux, brave, généreux et bienfaisant, aimant la science et ses adeptes (6), en particulier les traditionnistes (7) et les pieux de [aṣ-Ṣāliḥiyya] (8). Il érigea pour eux une Dār al-Ḥadīth au pied de la montagne (as-safḥ), ainsi qu’une autre pour les shafiʿites au centre de la ville, où il déposa la sandale du Prophète (ﷺ), qu’il n’avait cessé de rechercher (9) auprès de Niẓām ibn Abī al-Ḥadīd, le marchand. Il était