[Al-Chihab as-Suhrawardî]
Le cheikh Chihâb ad-Dîn Abû Shâmah relate dans son «Dhayl» (1) le décès de Chihâb (2) as-Suhrawardî (3), l’auteur de «‘Awârif al-Ma‘ârif», survenu cette année. Il mentionne qu’il est né en l’an 539 de l’Hégire et qu’il a dépassé quatre-vingt-dix ans. Quant à as-Sibt (4), il le situe (5) en l’an trente, comme il l’avait déjà indiqué.
Le Qâdî al-Qudât (6) d’Alep, Abû al-Maḥâsin Yûsuf ibn Râfi‘ ibn Tamîm ibn ‘Utbah ibn Muḥammad al-Asadî al-Mawṣilî ash-Shâfi‘î, était un homme vertueux, érudit et lettré, lecteur du Coran jouissant d’une grande considération auprès des rois. Il s’installa à Alep et y exerça la fonction de juge [et l’administration des fondations pieuses]. Il a laissé des écrits et de la poésie. Il décéda cette année, qu’Allâh le Très-Haut lui fasse miséricorde.
Ibn al-Fâriḍ (7), l’auteur du poème en «tâ’iyya» consacré à la voie spirituelle suivant la méthode des soufis adeptes de la doctrine de l’«union» (8), est Abû Ḥafṣ ‘Umar ibn Abî al-Ḥasan ‘Alî ibn al-Murshid (9) ibn ‘Alî. Il était originaire de Ḥamâ et naquit, vécut et mourut en Égypte. Son père rédigeait les obligations religieuses aussi bien pour les femmes que pour les hommes. Plusieurs de nos maîtres l’ont critiqué à cause du poème susmentionné. Notre cheikh Abû ‘Abd Allâh adh-Dhahabî l’a cité dans son «Mîzân» (10) et l’y a dénigré. Il mourut cette année alors qu’il approchait de la soixantaine-dix (11).
[Puis débuta l’an 633]
Cette année-là, al-Kâmil et son frère al-Ashraf traversèrent l’Euphrate et réparèrent ce que l’armée byzantine avait endommagé dans leurs territoires. Al-Kâmil détruisit la citadelle d’ar-Ruhâ et infligea à Badnîsar un châtiment sévère. Une lettre de Badr ad-Dîn, seigneur de Mossoul, fit savoir que les Tatars approchaient assurément, au nombre de cent détachements, chacun comptant cinq cents cavaliers. Les deux rois revinrent alors rapidement à Damas, et l’armée byzantine se retira dans ses terres.