Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Une soif intense me saisit (1). À ses côtés se trouvait un pichet d’eau fraîche. Par pudeur, j’hésitais à le lui demander ; il tendit alors la main vers le pichet, le visage empourpré, me le donna et dit : « Prends, pourquoi tant d’hésitation ? » Je bus.

Il fut rapporté que lorsqu’il quitta Jérusalem, ses murs étaient encore debout, fraîchement entretenus grâce aux travaux du roi Ṣalāḥ al-Dīn (Saladin), avant que l’al-Muʿaẓẓam ne les démolisse. Il s’arrêta pour faire ses adieux à ses compagnons et observa l’enceinte, puis dit : « C’est comme si je voyais d’ores et déjà les pioches à l’œuvre sur ce rempart. » On lui demanda : « S’agit-il des pioches des Musulmans ou des Francs ? » Il répondit : « Non, ce sont celles des Musulmans. » Et il advint (2) comme il l’avait annoncé.

On mentionne à son sujet de nombreuses qualités louables. On raconte qu’il était d’origine arménienne et qu’il se convertit à l’islam de la main de Shaykh ʿAbd Allāh al-Yūnīnī (3). D’autres affirment qu’il était d’origine byzantine, natif de Konya (4) : il se serait présenté devant Shaykh ʿAbd Allāh al-Yūnīnī vêtu d’un habit semblable à celui des moines, et celui-ci lui aurait dit : « Embrasse l’Islam » (5). Il répondit : « J’ai embrassé l’Islam pour le Seigneur des mondes. » Sa mère était la nourrice de l’épouse du calife ; il lui arriva un événement étrange (6) auquel Dieu le fit échapper. Le calife le reconnut et le libéra.

[Puis vint l’année six cent trente-deux (H) (632).] Cette année-là, le roi al-Ashraf [Mūsā], fils d’al-ʿĀdil Khān ibn al-Zinjārī, démolit ce qui se trouvait à al-ʿUqayba et où l’on voyait des prostituées, du vin et diverses turpitudes. Il rasa l’endroit et ordonna d’ériger à sa place une mosquée nommée (7) « la Mosquée du Repentir » (Jāmiʿ al-Tawba) (8). Puisse Dieu l’en récompenser.

Quant au Qāḍī Ibn Shaddād (9), cette même année vit le décès du qāḍī Bahāʾ al-Dīn Yūsuf ibn Rāfiʿ ibn Tamīm ibn Shaddād al-Ḥalabī, l’un des notables de la ville, issu d’une lignée de savoir et de noblesse. Il possédait de solides connaissances en histoire et connaissait les récits des peuples, entre autres disciplines. Il avait écouté de nombreux ḥadīths et les transmettait.

(1) Très abrégé. (2) A, B : et était. (3) A, B : le grec. (4) Rapporté uniquement par T. : Bachar a dit : Al-Dhahabī a mentionné dans la biographie de son fils Ibrāhīm qu'on le qualifie d'arménien et d'armouy. (Tarīkh al-Islām, 15/744). La biographie de son fils Ibrāhīm figurera plus loin dans les Nouvelles des morts à l'année 692 de ce volume, où il sera attribué comme armouy. (5) B : Il s'est converti à l'islam. (6) L'événement est mentionné dans « Miroir des temps » (8/457), il était son compagnon et ami, ils se rendaient visite et s'écoutaient l’un l’autre. (7) A, B : il est appelé. (8) Cette mosquée est toujours debout aujourd'hui dans le quartier d'Al-ʿAqība à Damas. (9) Biographie d'Ibn Shaddād — dans l'achèvement d'Al-Mundhirī (3/384-385), le complément du Rawdatayn (163), les Nouvelles des notables (7/84-100), le résumé d'Abū al-Fidāʾ (3/163-164), l'Histoire de l'Islam (14/95), les Vies des nobles personnages (22/384-387), Al-ʿIbar (5/132), les classes d'Al-Sabkī (5/151-152), les classes d'Al-Isnawī (2/115-117), La fin ultime (2/395-396), les étoiles éclatantes (6/293) et les fragments d'or (7/276-277).
أخذني عطش شديد (١) وإِلى جانبه إِبريقٌ فيه ماءٌ باردٌ فجعلتُ أستحيي منه، فمدَّ يدَهُ إِلى الإِبريقِ وقد احمرَّ وجهُهُ وناولني وقال خُذْ، كم تكاسر، فشربتُ. وذكر أنه لما ارتحل من بيت المقدس كان سورُها بعد قائمًا جديدًا على عمارة الملك صلاح الدين قبل أن يخربه المعظم، فوقف لأصحابه يودّعهم ونظر إِلى السور، وقال: كأني بالمعاول وهي تعمل في هذا السور عما قريب، فقيل له: معاول المسلمين أو الفرنج؟ فقال: بل معاول المسلمين، فكان (٢) كما قال. وقد ذُكرت له أحوالٌ كثيرةٌ حسنةٌ، ويقال إِنَّ أصلَه أرمنيٌّ وأنه أسلم على يَدَي الشيخ عبد الله اليونيني (٣) ، وقيل بل أصلهُ روميٌّ من قونية (٤) ، وأنه قدم على الشيخ عبد الله اليونيني وعليه برنسٌ كبرانسِ الرهبانِ، فقال له: أَسْلِم (٥) . فقال: أسلمتُ لربّ العالمين. وقد كانت أمُّه دايةَ امرأةِ الخليفةِ، وقد جَرَتْ له كائنةٌ غريبةٌ (٦) فسلمه الله بسبب ذلك، وعرفه الخليفة فأطلقه. [ثم دخلت سنة اثنتين وثلاثين وستمئة] فيها: خرب الملك الأشرف [موسى] بن العادل خان ابن الزنجاري الذي كان بالعُقَيْبَة فيه خواطئ وخمور ومنكرات متعددة، فهدمه وأمر بعمارة جامع مكانه سُمِّي (٧) جامع التوبة (٨) ، تقبل الله تعالى منه. القاضي ابن شداد] (٩) وفيها: توفي القاضي بهاء الدين يوسف بن رافع بن تميم بن شَدّاد الحلبي. أحد رؤسائها من بيت العلم والسيادة، له علم بالتواريخ وأيام الناس وغير ذلك، وقد سمع الكثير وحدَّث.
(١) مط: جدًا. (٢) أ، ب: وكان. (٣) أ، ب: اليوناني. (٤) عن ط وحدها. قال بشار: وذكر الذهبي في ترجمة ابنه إِبراهيم أنه يقال فيه الأرمني والأرموي تاريخ الإسلام (١٥/ ٧٤٤) وستأتي ترجمة ولده إِبراهيم في وفيات سنة ٦٩٢ من هذا المجلد وسينسبه هناك أرمويًا. (٥) ب: أسلمت. (٦) الحادثة في مرآة الزمان (٨/ ٤٥٧) فهو صاحبه وصديقه وكانا يتزاوران ويسمعان من بعضهما. (٧) أ، ب: يسمى. (٨) لا يزال هذا المسجد قائمًا إِلى اليوم في محلة العقيبة في دمشق. (٩) ترجمة ابن شداد - في تكملة المنذري (٣/ ٣٨٤ - ٣٨٥) وذيل الروضتين (١٦٣) ووفيات الأعيان (٧/ ٨٤ - ١٠٠) ومختصر أبي الفداء (٣/ ١٦٣ - ١٦٤) وتاريخ الإسلام (١٤/ ٩٥) وسير أعلام النبلاء (٢٢/ ٣٨٤ - ٣٨٧) والعبر (٥/ ١٣٢) وطبقات السبكي (٥/ ١٥١ - ١٥٢) وطبقات الإِسنوي (٢/ ١١٥ - ١١٧) وغاية النهاية (٢/ ٣٩٥ - ٣٩٦) والنجوم الزاهرة (٦/ ٢٩٣) وشذرات الذهب (٧/ ٢٧٦ - ٢٧٧).

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