Il faisait l’aumône et construisit la madrasa rukniyya au pied du mont Qâsiyoun, l’affecta de nombreuses fondations (awqâf) et y aménagea un mausolée. Lorsque, par la suite, il décéda dans le village de Jarûd (1), qu’Allah lui fasse miséricorde, on le transporta jusque-là.
Le cheikh, l’imam, le savant Radhî ad-Dîn (2) Abû [Dâwud] Sulaymân ibn al-Muzaffar ibn Ghanâ’im al-Jîlî ash-Shâfiʿî était l’un des jurisconsultes et muftis de Bagdad, où il enseigna longtemps aux étudiants. Il composa un ouvrage (4) sur l’école juridique (madhhab) en une quinzaine de volumes, dans lequel il fit état d’avis singuliers et de paroles peu communes. Il était délicat et plein d’esprit. Il mourut – qu’Allah lui fasse miséricorde – à Bagdad, un mercredi, le troisième jour de Rabîʿ al-Awwal de cette même année (5).
Le cheikh Tî al-Misrî (6) demeura un temps au Shâm, dans une zâwiya à Damas [auprès de la place où l’on vend des coffres, près de la demeure des Banû al-Qalânasî, à l’est du hammâm Sâma]. C’était un homme fin, perspicace et ascète, que les grands notables venaient visiter, et il fut enterré dans la zâwiya susmentionnée – qu’Allah lui fasse miséricorde.
Le cheikh ʿAbd Allâh al-Armanî (8) comptait parmi les grands dévots ascétiques qui parcoururent les contrées, vécurent dans les déserts, les montagnes et les plaines, et qui rencontrèrent les pôles spirituels (aqtâb), les substituts (abdâl) et les piliers (awtâd). Il faisait partie de ceux qui jouissaient d’états mystiques, de révélations, de luttes spirituelles et de périples à travers toutes les régions. Dans sa jeunesse, il apprit le Coran et mémorisa le Kitâb al-Qudûrî selon la doctrine d’Abû Hanîfa, avant de se consacrer aux pratiques spirituelles et ascétiques. Il finit par s’établir à la fin de sa vie (9) à Damas, où il mourut et fut enterré au pied du mont Qâsiyoun. On raconte de lui différentes anecdotes dignes d’éloge.
De celles-ci, il raconta : « Un jour, alors que je voyageais (en siyâha), je passai par une ville, et mon âme me poussa à y entrer ; alors je fis le serment de ne point y demander de quoi me nourrir. »