«Vers Lui reviennent toutes choses (172). Quant à ceux qui ont cru et accompli de bonnes œuvres, Il leur accordera pleinement leur rétribution et les comblera même de Sa grâce. Quant à ceux qui se sont montré hautains et orgueilleux, Il leur infligera un châtiment douloureux, et ils ne trouveront pour eux, en dehors de Dieu, ni allié ni secoureur.» [An-Nisā’ : 171, 173]
Dieu – Exalté soit-Il – interdit aux Gens du Livre et à ceux qui leur ressemblent toute forme d’excès et d’éloge excessif dans la religion, c’est-à-dire le fait de dépasser la limite établie. En effet, les chrétiens – que la malédiction de Dieu soit sur eux (1) – ont exagéré et loué le Messie au point de franchir cette limite. Or, il leur incombait de croire qu’il était un serviteur de Dieu et Son Messager, né d’une mère, la vierge immaculée qui garda sa chasteté. Dieu envoya alors l’ange Gabriel pour lui insuffler, sur ordre divin, un souffle qui la rendit enceinte de son fils Jésus (sur lui la paix). Ce qui provenait de l’ange et atteignit Marie était l’Esprit rattaché à Dieu par honneur et par distinction. Il s’agit d’une créature parmi les créatures de Dieu – à l’instar de ce que l’on appelle “la Maison de Dieu”, “la Chamelle de Dieu” ou “le Serviteur de Dieu”. Ainsi, “l’Esprit de Dieu” lui est attribué en signe de noblesse et d’honneur. Jésus fut ainsi nommé de la sorte parce qu’il naquit sans père, et il est aussi appelé “la Parole” car il fut créé et prit forme grâce au mot “Sois” et, par ce mot, il advint, comme le dit le Très-Haut : «Le cas de Jésus, auprès de Dieu, est à l’image de celui d’Adam : Il l’a créé de poussière, puis Il lui a dit “Sois” – et il fut.» [Āl ‘Imrān : 59].
Dieu dit aussi : «Et ils ont dit : “Dieu s’est attribué un enfant.” Gloire à Lui ! C’est plutôt à Lui qu’appartient tout ce qui est dans les cieux et sur la terre ; tous Lui sont soumis (116). Il est le Créateur absolu des cieux et de la terre ; lorsqu’Il décrète une chose, Il lui dit seulement “Sois” – et elle est.» [Al-Baqara : 116-117]. De même : «Les Juifs ont dit : “‘Uzayr est fils de Dieu” et les Chrétiens ont dit : “Le Messie est fils de Dieu.” Telle est leur parole, le dire de leurs bouches, imitant ce qu’avaient déjà proféré les mécréants avant eux. Que Dieu les anéantisse, comme ils se fourvoient !» [At-Tawba : 30].
Ainsi, Dieu – Exalté soit-Il – informe que les Juifs et les Chrétiens – sur lesquels reposent aussi les malédictions de Dieu – ont prétendu des erreurs outrancières en disant que Dieu aurait un enfant, Gloire à Lui, au-dessus de tout ce qu’ils avancent. Il énonce qu’ils n’ont aucun fondement pour soutenir ces propos ou ces illusions, si ce n’est de simples dires, semblables à ceux de leurs prédécesseurs égarés : leurs cœurs se ressemblent. En effet, les philosophes – que la malédiction de Dieu soit sur eux – ont prétendu que l’Intellect premier procédait de l’Être nécessaire, qu’ils appellent “la Cause des causes” ou “le Premier principe”. Ils ont affirmé que de cet Intellect premier émanaient un second Intellect, une âme et un astre céleste, et qu’ensuite un même processus se répétait à partir du deuxième, et ainsi de suite, jusqu’à aboutir à dix Intellects, neuf âmes et neuf sphères célestes, selon des spéculations infondées et des choix incohérents. Une analyse plus longue, démontrant leur ignorance et la faiblesse de leur raisonnement, se trouverait ailleurs. C’est pareil pour certaines tribus parmi les polythéistes arabes, qui ont soutenu à tort que les anges seraient les filles de Dieu, ou bien qu’Il aurait pour compagnes des génies éminentes, engendrant ainsi des anges. Gloire à Dieu, Il est bien au-dessus de ce qu’ils disent et Il est purifié de ce qu’ils Lui associent. Comme l’affirme le Très-Haut : «Et ils ont fait des anges, qui sont des serviteurs du Tout-Miséricordieux, des êtres féminins. Étaient-ils donc présents lors de leur création ? Leur témoignage sera inscrit, et ils seront interrogés.» [Az-Zukhruf : 19].»