J’ai dit : À l’est de ce nouveau quartier des orfèvres, en notre temps, on a rénové deux caravansérails (qaysariyatayn) où se sont installés les artisans et marchands d’or. Ils sont agréables et tous deux (1) relèvent du waqf dédié à la mosquée florissante.
[Parmi les notables décédés cette année, on compte]
As-Sayf al-Āmidī (2), Abū al-Ḥasan ʿAlī ibn Abī ʿAlī ibn Muḥammad ibn Sālim at-Taghlibī (3), le cheikh Sayf ad-Dīn al-Āmidī, puis al-Ḥamawī, puis ad-Dimashqī. Il est l’auteur de nombreux ouvrages en rapport avec les deux fondements (uṣūl ad-dīn et uṣūl al-fiqh) et d’autres disciplines, parmi lesquels «Abkār al-Afkār» consacré à la théologie (kalām), «Daqāʾiq al-Ḥaqāʾiq» (4) en philosophie (ḥikma) et «Iḥkām al-Aḥkām» en fondements du fiqh. Il était d’abord de rite hanbalite, puis il devint shaféite, spécialiste en fondements (uṣūl), logique, dialectique et divergences juridiques (khilāf). Il avait un caractère doux, un cœur sain, il pleurait souvent, était d’une grande sensibilité. On a rapporté différentes choses à son propos, dont Dieu seul connaît la véracité ; il est probable que la plupart ne soient pas fondées. Les rois ayyoubides, comme al-Muʿaẓẓam et al-Kāmil, l’honoraient, même s’ils ne l’affectionnaient pas vraiment. Al-Muʿaẓẓam lui confia l’enseignement à l’école al-ʿAzīziyya (5). Lorsque al-Ashraf s’empara de Damas, il le démit de sa fonction et proclama dans les madrasas (6) qu’il ne fallait pas s’occuper d’autres sciences que le tafsīr (exégèse), le ḥadīth et le fiqh ; et que tout étudiant des sciences anciennes serait exilé. Le cheikh Sayf ad-Dīn demeura donc chez lui jusqu’à son décès à Damas la même année, au mois de Ṣafar (7), puis il fut inhumé dans son mausolée au pied du mont Qāsyūn.
Le qāḍī Ibn Khallikān (8) rapporte qu’il étudia à Bagdad auprès de Abū al-Fatḥ Naṣr ibn Fityān ibn al-Munī (9) le hanbalite, avant de passer au madhhab shaféite, où il reçut l’enseignement de Ibn Faḍlān (10) et d’autres. Il perfectionna la méthode du shérif dans le domaine du khilāf (11) ainsi que ses suppléments (zawāʾid).