Al-Faraj b. al-Jawzî. Ce jour-là, son fils ‘Abd al-Raḥmān enseigna en son nom (1), en raison de son absence pour certaines ambassades auprès de rois. Le cheikh pieux et savant Abū al-Ḥasan al-Maghribī al-Mālikī assura également l’enseignement pour les malikites, toujours à titre intérimaire, jusqu’à la désignation d’un autre maître. Des bibliothèques furent dotées (2) de livres dont on n’avait jamais entendu parler, tant par leur nombre que par l’excellence de leur copie et la grande qualité des ouvrages ainsi offerts.
La responsabilité de la construction de cette madrasa incombait à Mu’ayyid al-Dīn Abū Ṭālib Muḥammad b. al-‘Alqamī (3), qui devint vizir par la suite. Il était alors précepteur à la Cour califale et reçut ce jour-là, avec le vizir Naṣīr al-Dīn (4), une robe d'honneur.
Puis, le 14 Dhū al-Qa‘da, l’enseignant shafi‘ite fut démis de ses fonctions par le juge suprême Abū al-Ma‘ālī ‘Abd al-Raḥmān b. Muqbil (5), en sus de la charge de magistrature qu’il détenait déjà. Cela eut lieu après le décès de Muḥyī al-Dīn b. Faḍlān, qui avait exercé la fonction de juge à Bagdad durant un temps et enseigné à la Niẓāmiyya et ailleurs. Puis il fut relevé de ses fonctions, ensuite gracié, avant de redevenir enseignant, à la toute fin (6), à la Madrasa al-Mustanṣiriyya, comme nous l’avons mentionné. Lorsqu’il mourut, son successeur à ce poste fut Ibn Muqbil, que Dieu Très-Haut leur fasse miséricorde.
Cette année-là (7), al-Ashraf restaura la mosquée de Jarrāḥ, située à l’extérieur de Bāb al-Ṣaghīr. Au cours de la même année, l’envoyé de l’empereur des Francs vint auprès d’al-Ashraf avec des présents, dont un ours blanc dont le pelage ressemblait à celui du lion. Il fut rapporté (8) qu’il descendait dans la mer pour en retirer des poissons qu’il mangeait. Il apporta également (9) un paon blanc.
Cette année-là également, fut achevée la construction de la qaysariyya (10) située avant le quartier des chaudronniers (nuhhāsīn). Le marché des orfèvres y fut transféré, laissant ainsi inoccupé le marché des perles, où se trouvait l’ancienne orfèvrerie près des forgerons. Enfin, on renouvela cette même année les boutiques qui se trouvaient dans la partie agrandie du marché.