Puis arriva l’année six cent trente et un de l’Hégire. Au cours de celle-ci, l’édification de la madrasa al-Mustansiriyya à Bagdad fut achevée ; jamais auparavant école semblable n’avait été bâtie. Elle fut dotée de ressources pour les quatre écoles juridiques : on y désigna soixante-deux juristes pour chacune, quatre répétiteurs, un professeur pour chaque rite, un maître de hadith, deux lecteurs et dix auditeurs, ainsi qu’un maître de médecine et dix étudiants musulmans en médecine, et un bureau dédié aux orphelins. De plus, furent alloués à tous, en pain, viande, friandises et dépense, des provisions abondantes, suffisantes pour chacun.
Le jeudi 5 Rajab, les cours y commencèrent ; le calife al-Mustansir bi-Llâh assista en personne, accompagné des princes, ministres, juges, juristes, soufis et poètes de son entourage, sans qu’aucun d’entre eux ne fît défaut. Un banquet somptueux fut organisé ; les convives y prirent leur repas, et l’on en fit porter dans les autres demeures de Bagdad, tant chez les familles notables que chez les gens du commun. Des robes d’honneur furent octroyées à l’ensemble des professeurs et à tous les présents, ainsi qu’à tous les dignitaires de l’État, aux juristes et aux répétiteurs. Ce fut un jour mémorable et louable. Les poètes récitèrent au calife des éloges raffinés et des odes remarquables. Ibn al-Saʿi en a fait mention dans son “Histoire” de manière détaillée, développée, satisfaisante et complète.
Il fut par la suite établi que l’enseignement du madhhab shafiʿite serait confié à l’imam, le cheikh, l’éminent savant Muḥyiddīn Abū ʿAbd Allāh ibn Faḍlān ; celui du madhhab hanafite à l’imam, l’illustre érudit Rachīd al-Dīn Abū Ḥafṣ ʿUmar ibn Muḥammad al-Farghānī ; et celui du madhhab hanbalite à l’imam, le savant Muḥyiddīn Yūsuf ibn le cheikh Abū