Le détenteur du pouvoir a un caractère âpre… et l’inspecteur de l’armée souffre d’un mal étonnant.
À propos du sultan (1), le roi juste Sayf ad-Dîn (qu’Allah lui fasse miséricorde et nous pardonne) (2), il a dit (dans le mètre al-khafîf) :
« En vérité, le sultan que nous espérons
est grand de richesse, mais restreint en dépense.
Il est tel une épée, à ce que l’on raconte,
mais qui tranche impôts et subsistances. »
Un jour, il assista à l’assemblée d’al-Fakhr ar-Râzî (3) au Khorassan, alors que celui-ci prêchait les gens depuis la chaire. Soudain, une colombe pourchassée par un oiseau de proie vint se jeter sur al-Fakhr ar-Râzî comme si elle se réfugiait auprès de lui. Ibn ‘Anîn composa alors (5) : (dans le mètre al-kâmil)
« C’est vers le Salomon de ce temps qu’une colombe est venue,
tandis que la mort scintillait dans les ailes de son ravisseur.
Un fauve, courbé par la faim, au point que son ombre,
face à lui, fuyait le cœur tremblant.
Qui a donc appris à l’oiseau gris que votre demeure
est un sanctuaire et que vous êtes un refuge pour l’effrayé ? »
Le shaykh Shihâb ad-Dîn as-Suhrawardî (10), auteur de “‘Awârif al-Ma‘ârif”, qui se nomme ‘Umar ibn Muhammad ibn ‘Abd Allâh ibn Muhammad ibn ‘Ammawayh (11) – son vrai nom étant ‘Abd Allâh al-Bakrî al-Baghdâdî –, Shihâb ad-Dîn Abû Hafs as-Suhrawardî, fut le maître du soufisme à Bagdad.
Il comptait parmi les plus grands vertueux et les chefs des musulmans. Il fut envoyé à plusieurs reprises comme émissaire entre califes et rois.