Chapitre sur l’explication que Dieu, exalté soit-Il, est exempt d’avoir un enfant, qu’Il soit glorifié et très élevé au-dessus de ce que profèrent les injustes (1).
Dieu – qu’Il soit exalté – a dit, à la fin de cette sourate [Maryam (19), v. 88-95] :
« Et ils ont dit : “Le Tout Miséricordieux S’est attribué un enfant !” (88) Vous venez de proférer là une chose abominable (89). Il s’en faut de peu que les cieux ne se fendent, que la terre ne se brise et que les montagnes ne s’effondrent (90) du fait qu’ils attribuent un enfant au Tout Miséricordieux (91). Or, il ne convient pas au Tout Miséricordieux de S’attribuer un enfant (92). Tous ceux qui sont dans les cieux et sur la terre ne se présenteront devant le Tout Miséricordieux qu’en serviteurs (93). Il les a certes dénombrés et parfaitement comptés (94). Et ils comparaîtront tous devant Lui, le Jour de la Résurrection, isolés (95). »
Il montre ainsi qu’Il, exalté soit-Il, ne saurait avoir d’enfant, car Il est le Créateur et le Maître de toute chose ; toute chose retourne à Lui et se soumet à Sa puissance. Tous les habitants des cieux et de la terre sont Ses serviteurs, et Il est leur Seigneur. Nul dieu hormis Lui, nul autre Seigneur que Lui. Comme Il l’a dit dans un autre passage :
« Et ils ont donné à Dieu des associés parmi les djinns, alors que c’est Lui qui les a créés ; et, sans savoir, ils Lui ont forgé des fils et des filles. Gloire à Lui ! Il est très élevé au-dessus de ce qu’ils décrivent (100). Il est l’Originateur des cieux et de la terre ; comment aurait-Il un enfant alors qu’Il n’a point de compagne ? Et Il a créé toute chose, et Il est, de toute chose, Omniscient (101). Voilà Dieu, votre Seigneur ! Point de divinité à part Lui, Créateur de toute chose. Adorez-Le donc. Il est le Garant de toute chose (102). Les regards ne peuvent L’atteindre, alors que Lui atteint tous les regards. Et Il est le Subtil, le Parfaitement Connaisseur (103). » [Al-An‘âm (6), v. 100-103]
Il expose qu’Il est le Créateur de toute chose. Comment aurait-Il un enfant, alors que l’enfant n’existe qu’entre deux entités qui se ressemblent, tandis que Dieu n’a ni égal, ni semblable, ni équivalent ? Il n’a point de compagne, donc ne peut avoir d’enfant, comme Il le dit aussi :
« Dis : “Il est Dieu, l’Unique (1), Dieu, le Seul à être imploré pour ce que nous désirons (2). Il n’a pas engendré et n’a pas été engendré (3), et nul n’est égal à Lui (4).” » [Al-Ikhlâs (112), v. 1-4]
Il est donc l’Unique, sans pareil dans Son être, Ses attributs et Ses actes, “As-Samad” signifiant le Maître parachevé dans Sa science, Sa sagesse, Sa miséricorde et en toutes Ses qualités. « Il n’a pas engendré » signifie qu’aucun enfant n’émane de Lui, « et Il n’a pas été engendré » implique qu’Il ne provient de personne avant Lui. « Et nul n’est égal à Lui » écarte tout semblable, équivalent ou identique. Il s’ensuit qu’Il ne peut avoir d’enfant, car un enfant n’est engendré qu’entre deux êtres de force ou de nature similaires ou proches, alors que Dieu – Très-Haut – est infiniment au-dessus de cela.
Il a également dit, qu’Il soit glorifié et sanctifié :
« Ô gens du Livre ! N’exagérez pas dans votre religion et ne dites sur Dieu que la vérité. Le Messie Jésus, fils de Marie, n’est que le Messager de Dieu, Sa Parole qu’Il envoya à Marie, et un Souffle (de vie) venant de Lui. Croyez donc en Dieu et en Ses messagers et ne dites pas : “Trois”. Cessez ! Cela vous sera bien meilleur. Dieu n’est qu’un Dieu unique. Gloire à Lui ! Qu’Il soit exalté au-dessus d’avoir un enfant ! À Lui appartient tout ce qui est dans les cieux et sur la terre, et Dieu suffit comme Garant (171). Jamais le Messie ne dédaignerait d’être un serviteur de Dieu, ni les anges rapprochés de Lui. Et quiconque dédaigne Son adoration et s’enfle d’orgueil... Il les rassemblera tous... » [An-Nisâ’ (4), v. 171]