Parmi les notables décédés cette année figure Abū al-Qāsim ʿAlī, fils du shaykh Abū al-Faraj Ibn al-Jawzī (1). C’était un shaykh « aimable et spirituel » (2), qui écouta de nombreux cours et exerça un temps l’art de la prédication avant d’y renoncer. Il avait retenu en mémoire quantité de récits, d’anecdotes et de poèmes. Né en l’an 551 de l’Hégire, il mourut cette année-là, à l’âge de soixante-dix-neuf ans.
Le Sibṭ (3) rapporte également le décès du vizir Ṣafī al-Dīn ʿAbd Allāh ibn ʿAlī ibn Shukr (4) au cours de cette même année, en le louant pour son amour de la science et pour les gens de savoir. Il mentionne qu’il composa un ouvrage intitulé « al-Baṣāʾir ». Il ajoute encore qu’al-ʿĀdil se mit en colère contre lui, puis qu’al-Kāmil l’apaisa et le rétablit dans sa fonction de vizir tout en lui rendant les honneurs. Il fut enseveli dans sa célèbre madrasa en Égypte. On mentionne qu’il était originaire d’un village nommé Damīra (6) au Caire.
Quant au roi Nāṣir al-Dīn Maḥmūd (7) ibn ʿIzz al-Dīn Masʿūd ibn Nūr al-Dīn Arslān Shāh ibn Quṭb al-Dīn Mawdūd ibn ʿImād al-Dīn (8) Zankī ibn Āqsunqur, seigneur de Mossoul, il naquit en l’an 613 de l’Hégire. Badr al-Dīn Luʾluʾ l’éleva en apparence pour consolider son propre pouvoir et raffermir sa mainmise sur le gouvernement, avant de lui imposer des restrictions. Il l’empêcha d’approcher quelque concubine que ce soit afin de l’empêcher d’avoir une descendance, et lui limita l’accès à la nourriture et aux boissons. Suite au décès de son grand-père maternel, Muẓaffar al-Dīn Kūkburī, seigneur d’Irbil, il le priva entièrement de nourriture et d’eau pendant treize (9) jours, jusqu’à ce qu’il meure de chagrin, de faim et de soif (– qu'Allah lui fasse miséricorde –). Sa beauté était réputée, et il fut le dernier souverain de Mossoul issu de la lignée atabékide (10).