Il exerça la fonction de juge à Irbil. Il était d’un esprit fin et libertin, considéré comme l’un des agréments de son époque. Il composa de la poésie d’une grande élégance et des vers au sens remarquable. Parmi ceux-ci, on trouve :
(1) [mètre : al-mutaqārib]
« La vieillesse est venue et la jeunesse s’en est allée… la vigilance s’installe où qu’elle aille.
Et ma vie s’est écoulée sans obéissance… Malheur à toi, ô mon âme, qu’est-ce donc que cette faute ?
Tes péchés sont nombreux, ne reviendras-tu pas ? Reviens, car l’heure fatidique est sur le point d’arriver.
Consacre-toi à Dieu sans faillir… et ne te laisse pas abuser par la longueur de tes espérances.
Car tu n’as rien pour t’aider hormis la piété… et nul ami si ce n’est la droiture dans l’action. »
(4) Il s’agit d’Abu Thana’ Maḥmūd ibn Zakī (5) ibn ‘Alī ibn Yaḥyā al-Ṭā’ī al-Raqqī, établi à Irbil. Il fut chargé de la supervision des affaires par le roi Muẓaffar al-Dīn. C’était un cheikh lettré et érudit. Parmi ses poèmes, on lit :
[mètre : al-ṭawīl]
« Et cet être gracile… qu’est donc la lance de Khaṭṭ, sinon sa silhouette ?
Et la branche… sinon ce que plie son élégante souplesse ?
Et la dune… sinon ce que soutient la finesse de sa taille ?
Et la flèche… sinon celle emplumée par ses paupières ?
Et le vin… sinon ce qui brille à travers son sourire ?
Et la magie… sinon ce que dissimulent ses yeux ?
Et la beauté… c’est lui tout entier ! Qui donc, en le voyant, ne verrait pas sa folie s’accroître ? »
Quant à Ibn Ma‘ṭī le grammairien, nommé Yaḥyā (6), Abū Shāma l’a mentionné l’an passé. Il est plus précis car il assista à ses funérailles (7) au Caire. Ibn al-Sā‘ī, en revanche, en fait mention cette année, et affirme qu’il fut proche d’al-Kāmil Muḥammad, souverain d’Égypte. Il rapporte aussi qu’il composa « une urjūza sur les Sept Lectures », ainsi qu’une « mise en vers des termes de la Jamhara », et qu’il avait l’intention de mettre en vers le « Ṣiḥāḥ » d’al-Jawharī.