Ils descendent de la lignée de Ṭāhir ibn al-Ḥusayn, et Tekesh, leur ancêtre, fut celui qui mit un terme à l’État seldjoukide. Les Tatars avaient déjà contraint son père à l’exil à travers divers territoires, jusqu’à ce qu’il mourût dans l’une des îles de la mer. Ensuite, ils poursuivirent ce Jalāl al-Dīn, anéantirent son armée en la dispersant totalement, si bien que ses soldats se séparèrent comme les doigts d’une main, et il se trouva isolé. Un paysan d’un village situé dans la région de Mayyāfāriqīn le rencontra et le trouva suspect en raison des bijoux, de l’or et de son cheval. Il lui demanda : « Qui es-tu ? » Il répondit : « Je suis le roi des Khwârazmiens. » Or, les Tatars avaient tué le frère de ce paysan. Celui-ci l’accueillit en feignant de l’honorer, mais, lorsqu’il s’endormit, il le tua avec une hache qu’il possédait et s’empara de ses biens. La nouvelle parvint alors à Shihāb al-Dīn Ghāzī ibn al-ʿĀdil, seigneur de Mayyāfāriqīn, qui fit convoquer le paysan, lui confisqua les parures et les bijoux, ainsi que le cheval. Le roi al-Ashraf déclara : « Il représentait une barrière entre nous et les Tatars, tout comme le barrage l’est entre nous et Yaʾjūj et Maʾjūj. »
[Ensuite vint l’année 629 de l’Hégire]
Cette année-là, deux juges de Damas furent révoqués : Shams al-Dīn ibn al-Khuwayyī et Shams al-Dīn ibn Sanī al-Dawla. La charge de qāḍī al-quḍāt fut alors confiée à ʿImād al-Dīn ibn al-Ḥarastānī, qui fut lui-même destitué en 631 et remplacé de nouveau par Shams al-Dīn ibn Sanī al-Dawla, comme il sera relaté.
Le 17 Shawwāl de la même année, le calife al-Mustanṣir démit de ses fonctions son vizir Muʾayyid al-Dīn Muḥammad ibn Muḥammad ibn ʿAbd al-Karīm al-Qummī. Il fut arrêté, ainsi que son frère Ḥasan et son fils Fakhr al-Dīn Aḥmad ibn Muḥammad al-Qummī, ainsi que leurs compagnons, puis emprisonnés. Le calife nomma à sa place, en tant que vizir, l’ustādh al-dār Shams al-Dīn Abū al-Azhar, Aḥmad ibn Muḥammad ibn al-Nāqid, l’honorant en lui remettant une magnifique robe d’investiture, ce qui emplit la population de joie.
Cette année-là encore, une troupe de Tatars avança jusqu’à Shahrazūr. Le calife manda alors le seigneur d’Irbil, Muẓaffar al-Dīn Kawkburī ibn Zayn al-Dīn, à qui il adjoignit des troupes. Ils marchèrent contre les Tatars, qui prirent la fuite, et ils demeurèrent