C’est ainsi que le docteur Chaker Moustapha déclare :
« À mon sens, l’Histoire est une science arabe et islamique, ou l’on peut du moins la considérer comme telle » (1).
Auparavant, al-Sakhâwî rapporta de la part d’Ibrâhîm ibn Abî al-Dam al-Hamawî ces propos :
« La véritable utilité de l’Histoire islamique — malgré sa proximité de l’exactitude — réside dans le fait qu’elle relate les savants de la communauté mohammadienne, mentionne leurs vertus, leurs sciences, leurs exhortations, leur sagesse et leurs parcours de vie. Celui qui entreprend une action peut ainsi s’y référer, les étudier et les méditer, pour tirer profit de ce qu’ils ont dit et de ce qui est transmis à leur sujet comme traits d’excellence, ici-bas et dans l’au-delà » (2).
Les savants ont accordé une grande importance à cette discipline, transmettant d’abord les récits de manière orale. Vint ensuite la rédaction de l’Histoire à partir du milieu du deuxième siècle de l’Hégire, comme le rapporte l’imam al-Dhahabî. Il déclare :
« En l’an 143, les savants de l’Islam commencèrent, à cette époque, à mettre par écrit le Hadith, le fiqh et l’exégèse. L’on multiplia la consignation et la classification du savoir ; on rédigea des ouvrages sur la langue arabe, la linguistique, l’Histoire et les récits des peuples. Avant cette période, les grands imams transmettaient de mémoire ou récitaient le savoir à partir de feuillets vérifiés, mais non ordonnés » (3).
Dans ce domaine de l’Histoire, Ibn Kathîr fut précédé par l’imam al-Tabarî, Ibn al-Jawzî et Ibn al-Athîr. Tous trois rédigèrent des histoires islamiques associant l’exégèse et l’Histoire, ou le Hadith et l’Histoire, ou encore le fiqh et l’Histoire. L’œuvre historique d’Ibn Kathîr, al-Bidâya wa-l-Nihâya (« Le Commencement et la Fin ») se distingua par la combinaison de l’exégèse, du Hadith, du fiqh et de l’Histoire.
La vie d’Ibn Kathîr à Damas l’y prépara et le stimula à accomplir ce grand projet, prenant modèle sur ses deux maîtres en Histoire : al-Dhahabî et al-Barzânî. Par ailleurs, l’époque dans laquelle il vécut, l’ère mamelouke (4), se caractérisa par l’intérêt porté à l’Histoire et à sa rédaction. M. Mahmoud Rizq Salîm souligne :
« L’Histoire figura au premier rang des disciplines qui bénéficièrent de cette sollicitude et reçurent autant de soins à cette époque. Les efforts convergèrent, la détermination s’intensifia et l’on se fit concurrence pour produire des œuvres historiques d’envergure » (5).
Il ne fait aucun doute que la Sîra du Prophète exerça une influence majeure sur la naissance et l’essor de l’Histoire islamique, en adoptant la méthode des spécialistes du Hadith dans la collecte des récits et des informations (6). Il ne fait pas de doute non plus qu’Ibn Kathîr écrivit d’abord la Sîra, ce qui l’incita