Le doyen des médecins de Damas avait fait don de sa maison, située à Darb al-ʿAmīd, près des anciens orfèvres, pour en faire une école (1) destinée aux médecins de la ville de Damas (la préservée). Il décéda au mois de Ṣafar (2) de cette année et fut inhumé au pied du mont Qāsyūn. Sur sa tombe, on érigea une coupole soutenue par des colonnes au bas de la montagne, à l’est de la Rukniyya. Il endura six maladies opposées, dont la “riyḥ al-laqwa” (3). Né en l’an 565, il vécut jusqu’à soixante-trois ans.
Ibn al-Athīr (4) dit : « Cette année-là, décéda également le juge Abū Ghānāʾim ibn al-ʿAdīm (5), homme pieux et parmi les plus assidus dans l’adoration et l’ascèse, qui mettait son savoir en pratique. Si quelqu’un affirmait qu’il n’y avait pas, à son époque, de serviteur de Dieu plus dévot, il dirait vrai. Qu’Allah l’agrée et le comble de Sa satisfaction, car il faisait partie du groupe de nos maîtres : nous avons entendu de lui le hadith et avons tiré profit de sa personne et de ses propos. »
Il poursuivit : « Toujours cette année, le douzième jour de Rabīʿ al-Awwal, mourut notre ami Abū al-Qāsim ʿAbd al-Majīd (6) ibn al-ʿAjamī d’Alep. Lui et sa famille (7) étaient les piliers de la tradition (sunna) dans cette ville. Cet homme jouissait d’une grande générosité, d’un excellent caractère, d’une patience remarquable, d’une vaste autorité et d’un haut rang. Il aimait offrir à manger ; il chérissait tout particulièrement ceux qui acceptaient son hospitalité et ses bienfaits (8). Il accueillait ses hôtes avec un visage souriant et ne renonçait pas à leur procurer satisfaction ni à subvenir à leurs besoins. Qu’Allah lui fasse une large miséricorde. »
Et je dis : « Voici la dernière partie retrouvée de “Al-Kāmil fī al-tārīkh” du ḥāfiẓ ʿIzz al-Dīn Abū al-Ḥasan ʿAlī ibn Muḥammad ibn al-Athīr — qu’Allah lui fasse miséricorde (9). »