Cette année (1), al-Ashraf Abou al-'Abbâs Aḥmad ibn al-Qâḍî al-Fâḍil partit en mission officielle au nom d’al-Kâmil Muḥammad, maître d’Égypte, auprès du calife al-Mustanṣir bi-llâh à Bagdad. Il y fut traité avec honneur, puis renvoyé dans une grande considération.
La même année (2), le roi al-Muẓaffar Abou Sa‘îd Kûkbûrî ibn Zayn ad-Dîn, seigneur d’Irbil, se rendit pour la première fois à Bagdad. Le cortège officiel alla au-devant de lui, et le calife le salua deux fois lors de deux audiences différentes. Cet accueil fut pour lui un honneur que lui envièrent tous les souverains de la région, qui demandèrent eux aussi à venir en espérant obtenir un tel privilège. Toutefois, ils ne purent le faire en raison de la nécessité de défendre les frontières. Kûkbûrî rentra alors dans son royaume entouré de marques de vénération et de respect.
Parmi les notables décédés cette année figurent Ibn Ma‘ṭî (3) le grammairien, Yaḥyā ibn [‘Abd] (4) al-Ma‘ṭî ibn ‘Abd an-Nûr an-naḥwî, l’auteur de “l’Alfiyya” (5) et d’autres ouvrages grammaticaux utiles, surnommé Zayn ad-Dîn. Il avait reçu son enseignement d’al-Kindî et d’autres maîtres, puis voyagea en Égypte. Son décès survint au Caire au tout début du mois de Dhû al-Ḥijja de cette même année. Son convoi funèbre fut accompagné du shaykh Shihāb ad-Dîn Abou Shāma, lequel s’était rendu en Égypte cette année-là. Il est rapporté que le roi al-Kâmil (6) assista lui aussi à ses funérailles. Ibn Ma‘ṭî fut inhumé près de la tombe d’al-Muzanî, à al-Qarāfa, sur la route menant à ash-Shâfi‘î, du côté de Yusrat al-mār – qu'Allah lui fasse miséricorde –.
La même année décéda également le médecin ad-Dakhwâr (7), fondateur de la Dakhwâriyya : il s’agit de Muhaḏḏab ad-Dîn ‘Abd ar-Raḥîm ibn ‘Alî ibn Ḥāmid, plus connu sous le nom d’ad-Dakhwâr.