Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Au cours de cette même année, on installa un imam au sanctuaire d’Abou Bakr faisant partie de la Grande Mosquée de Damas, et on y accomplit les cinq prières.

Au cours de cette même année également, le cheikh Taqî al-Dîn Ibn al-Salâh (1), al-Shahrazûrî al-Shâfi‘î, donna cours à la madrasa [al-Shâmiyya] al-Jawâniyya, voisine (2) du maristân, au mois de Jumâdâ al-Ûlâ de ladite année.

Cette même année, al-Nâsiḥ [Ibn al-Ḥanbalî bi-l-Ṣâḥibah] (3) donna cours au pied du Mont Qâsiyûn, dans l’institution qu’avait fondée la khâtûn Rabî‘a (4) bint Ayyûb, sœur de Sitt al-Shâm.

Au cours de cette même année encore, le roi al-Ashraf fit emprisonner le cheikh ‘Alî al-Ḥarîrî (5) dans la citadelle d‘Izzatâ.

Durant cette année se produisit une grande cherté (famine) dans les régions d’Égypte, du Bilâd al-Shâm, d’Alep et de la Jazîra, à cause de la rareté des eaux célestes et souterraines. Ainsi, cette année fut semblable à la parole de Dieu – qu’Il soit exalté : « Nous vous éprouverons assurément par un peu de peur, de faim, par une diminution de vos biens, de vos personnes et de vos récoltes. Et annonce la bonne nouvelle à ceux qui endurent (155), ceux qui, frappés par un malheur, disent : “Nous sommes à Dieu et c’est à Lui que nous retournons” » [al-Baqara : 155-156].

Ibn al-Athîr (7) rapporta ensuite un discours détaillé selon lequel une troupe de Tatars sortit, une fois encore, des régions d’outre-flueve (Mâ Warâ’ al-Nahr). La raison de leur venue cette année-là est que les Isma‘îliens leur avaient écrit pour les informer de la faiblesse du pouvoir de Jalâl al-Dîn Ibn Khwârazm Shâh, indiquant qu’il s’était aliéné tous les rois alentours, y compris le calife, et que l’émir al-Ashraf Ibn al-‘Âdil l’avait déjà vaincu deux fois. Jalâl al-Dîn avait alors manifesté des actes déraisonnables, révélant le peu de jugement dont il disposait. Il était en effet très épris d’un serviteur eunuque nommé Qilij, et à la mort de ce dernier, son chagrin fut si grand qu’il ordonna aux émirs de marcher en cortège derrière son cercueil (8) sur plusieurs farsakh jusqu’à la sépulture. Il ordonna aussi à la population de sortir en deuil et de le pleurer ; or certains, négligents, ne s’exécutèrent pas, et il envisagea de les tuer, jusqu’à ce que certains émirs intercédassent en leur faveur. Il refusa ensuite d’inhumer Qilij, le conservant auprès de lui dans une litière ; toute nourriture servie devant lui devait également être portée à Qilij.

Lorsqu’un homme lui dit : « Ô roi, Qilij est bel et bien mort (9) », il ordonna qu’on le mette à mort, et il fut exécuté (10). Par la suite, on s’adressait au roi avec force révérence, en disant à propos de Qilij : « Il est maintenant en meilleur état qu’auparavant » – entendant par là qu’il était simplement souffrant, non décédé.

(1) La biographie d'Ibn al-Ṣalāḥ sera donnée dans les décès de l'année 643 de l'Hégire. (2) Éd. : al-Madrasah al-Jawāniyyah dans le recueil Mukhtaṣar Tanbīh al-Ṭālib (p. 48). (3) Al-Nāṣir Ibn al-Ḥanbalī enseigna à al-Ṣāliḥiyyah ; où il y a deux altérations : Tārīkh al-Ṣāliḥiyyah (p. 158). (4) Éd. : al-Khātūn Rabīʿah Khātūn. (5) La biographie de ʿAlī al-Ḥarīrī sera donnée dans les décès de l'année 644 de l'Hégire. (6) a. : et c'était. (7) al-Kāmil fī al-Tārīkh (tome 9, p. 383). (8) a., b. : à ses funérailles. (9) b. : Qad Māt Qilj (Qilj est décédé). (10) a., b. : il ordonna de lui trancher la tête.
وفيها: رتب إِمام بمشهد أبي بكر من جامع دمشق، وصُلِّيت فيه الصلواتُ الخمسُ. وفيها: درس الشيخ تقي الدين بن الصلاح (١) الشهرزوري الشافعي في المدرسة [الشامية] الجوانية في جوار (٢) المارستان في جمادى الأولى منها. وفيها: درس الناصح [ابن الحنبلي بالصاحبة] (٣) بسفح قاسيون التي أنشأتها الخاتون ربيعة (٤) بنت أيوب أخت ست الشام. وفيها: حبس الملك الأشرف الشيخ علي الحريري (٥) بقلعة عزتا. وفيها: كان غلاء شديد بديار مصر وبلاد الشام وحلب والجزيرة بسبب قلة المياه السماوية والأرضية، فكانت (٦) هذه السنة كما قال الله تعالى: ﴿وَلَنَبْلُوَنَّكُمْ بِشَيْءٍ مِنَ الْخَوْفِ وَالْجُوعِ وَنَقْصٍ مِنَ الْأَمْوَالِ وَالْأَنْفُسِ وَالثَّمَرَاتِ وَبَشِّرِ الصَّابِرِينَ (١٥٥) الَّذِينَ إِذَا أَصَابَتْهُمْ مُصِيبَةٌ قَالُوا إِنَّا لِلَّهِ وَإِنَّا إِلَيْهِ رَاجِعُونَ﴾ [البقرة: ١٥٥، ١٥٦] . وذكر ابن الأثير (٧) كلامًا طويلًا مضمونهُ خروجُ طائفةٍ من التتار مرةً أخرى من بلاد ما وراء النهر، وكان سببُ قدومهم هذه السنة أَنَّ الإسماعيلية كتبوا إِليهم يخبرونهم بضعف أمر جلال الدين بن خوارزم شاه، وأنه قد عادى جميعَ الملوك حوله حتى الخليفة، وأنه قد كسره الأشرف بن العادل مرتين، وكان جلال الدين قد ظهرت منه أفعال ناقصة تدلُّ على قلَّةِ عقله، وذلك أنه توفي له غلام خصيّ يقال له قلج، وكان يحبّه، فوجد عليه وجدًا عظيمًا بحيث إِنه أمر الأمراء أن يمشوا بجنازته (٨) فمشوا فراسخ [إِلى تربته] ، وأمر أهل البلد أن يخرجوا بحزنٍ وتعدادٍ عليه، فتوانى بعضهم في ذلك، فهمَّ بقتلهم حتى تشفَّع فيهم بعضُ الأمراء ثم لم يسمح بدفن قلج فكان يحمل معه بمحفةٍ، وكلما أحضر بين يديه طعام يقول احملوا هذا إِلى قلج، فقال له بعضهم: أيها الملك إِن قلج قد مات (٩) ، فأمر بقتله فقتل (١٠) ، فكانوا بعد ذلك يقولون: قبله وهو يقبل الأرض، ويقول هو الآن أصلح مما كان - يعني أنه مريض وليس بميت -
(١) سترد ترجمة ابن الصلاح في وفيات سنة ٦٤٣ هـ. (٢) ط: المدرسة الجوانية في جانب .. مختصر تنبيه الطالب (٤٨). (٣) درس الناصر ابن الحنبلي بالصالحية؛ وفيها تحريفان: تاريخ الصالحية (١٥٨). (٤) ط: الخاتون ربيعة خاتون. (٥) سترد ترجمة علي الحريري في وفيات سنة ٦٤٤ هـ. (٦) أ: وكانت. (٧) الكامل في التاريخ (٩/ ٣٨٣). (٨) أ، ب: في جنازته. (٩) ب: قد مات قلج. (١٠) أ، ب: فأمر بضرب عنقه.

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