Ils étaient (1) cinq mille combattants [Ṣalība], disposant de l’armement complet et de chevaux imposants. Ils rencontrèrent Jalâl ad-Dîn en Azerbaïdjan, alors qu’il disposait de vingt mille combattants. Il ne tint pas une seule heure devant eux et ne sut patienter ; il recula (2) et prit la fuite. Ils le poursuivirent (3) aussitôt, et ne cessèrent de le traquer jusqu’à la ville de Khûway. Al-Ashraf retourna ensuite à la ville de Khilât, qu’il trouva vide, ses maisons écroulées, puis il la prépara et la fortifia. Par la suite, un accord de paix fut conclu [entre lui] et Jalâl ad-Dîn, et il revint à la résidence de son royaume [à Damas], que Dieu la préserve [lui et elle].
La même année, Al-Ashraf s’empara de la citadelle de Baalbek, détenue par le roi al-Amjad Bahram Châh, au terme d’un long siège. Il laissa Damas sous la garde de son frère as-Sâlih Ismâ‘îl, puis se dirigea vers l’est (4), parce que Jalâl ad-Dîn al-Khwârazmî venait de s’emparer des terres de Khilât, d’y tuer un grand nombre d’habitants et d’y piller de nombreux biens. Al-Ashraf l’affronta (5) et ils livrèrent une grande bataille. Al-Ashraf lui infligea alors une défaite cuisante, et un grand nombre de Khwârazmiens périt. Les annonces de victoire retentirent dans tout le pays pour célébrer le triomphe d’Al-Ashraf sur les Khwârazmiens, car ces derniers, chaque fois qu’ils capturaient une contrée, y tuaient ses habitants et pillaient leurs biens (6). Dieu, exalté soit-Il, les brisa.
Al-Ashraf avait vu le Prophète (que la paix et le salut soient sur lui) en rêve avant la bataille ; celui-ci lui dit : « Ô Mûsâ, tu seras victorieux sur eux. » Lorsqu’il eut fini (7) de les vaincre, il retourna dans la province de Khilât, y répara ce qui était désuni et corrigea ce qui s’y était dégradé (8).
Nul ne partit en pèlerinage, parmi les habitants du Shâm, ni cette année, ni celle d’avant, ni même celle d’auparavant ; voici donc trois années où personne du Shâm n’alla en pèlerinage au Hijâz (9).
La même année, les Francs prirent l’île de Mayurqa, y tuèrent un grand nombre de gens et en capturèrent d’autres, qu’ils emmenèrent ensuite sur la côte. Là, les musulmans les rencontrèrent, et ils leur racontèrent ce qu’ils avaient enduré de la part des Francs.
[Parmi ceux qui moururent la même année] figure Zayn al-Umana, le pieux shaykh (10) Abû al-Barakât, al-Hasan ibn Muhammad ibn al-Hasan ibn Hibat Allâh.