Les péchés ne disparaissent pas, et tu vois les effrois t’entourer tandis que tu t’ébats dans l’aire des distractions. Tu réprouves les actes des ignorants tout en frappant à la porte de l’ignorance (1). Il est temps pour toi de rejeter toute réprimande et de t’élever au-dessus des bassesses (2). Ceux qui voyagent avec peu de bagages ont déjà pris la route et tu es resté en arrière (3) : que peux‑tu donc espérer ?
Ibn as‑Sā‘ī (4) a transmis de beaux vers à son sujet. Parmi ceux‑ci :
[du mètre as-sarī‘]
« Si tes yeux veillent (5) dans l’obéissance,
— cela vaut mieux pour toi que de dormir.
Hier est passé, avec ses défauts,
— alors rattrape ce qui t’a échappé aujourd’hui. »
Et il a également dit (6) [du mètre al‑khafīf] :
« Un Seigneur qui t’a guidé, après ton égarement,
— sur les voies de la droiture, mérite vraiment qu’on L’adore.
Adore‑Le et tu trouveras auprès de Lui l’affranchissement ;
— maintiens Sa grâce par la persévérance dans l’ascétisme. »
Il a encore composé [du mètre mukhalla‘ al-basīṭ] :
« Si tu te préserves de l’illicite,
— Il te récompensera par le licite et la pureté.
Contente‑toi de cela : à la place de l’interdit tu trouveras la solution,
— par la grâce de Dieu, le Tout-Glorieux ! » (7)
[Puis arriva l’an sept‑vingt‑vingt‑sept (627) de l’Hégire]
Cette année‑là, il y eut une bataille majeure entre al‑Ashraf Mûsâ ibn al‑‘Âdil et Jalâl ad‑Dîn ibn Khwârazm Shâh (8). Elle fut provoquée par le fait que Jalâl ad‑Dîn s’était emparé autrefois de la ville de Khilât, l’avait détruite et dispersé ses habitants. ‘Alâ’ ad‑Dîn Kayqubâdh, le roi des Rûm, le combattit et envoya un message à al‑Ashraf, l’exhortant à venir le rejoindre ne fût‑ce qu’avec une simple troupe. Al‑Ashraf arriva alors avec un détachement important de l’armée de Damas, rejoints par l’armée des provinces de l’Al‑Jazîrah et par ce qui subsistait de l’armée de Khilât (9).