Ils jalousèrent leur frère Youssouf et complotèrent contre lui ; puis le jaloux et l’envié moururent (1). Et Salomon, dans la prophétie et la royauté, s’éteignit tout comme David s’était éteint. Ensuite, lorsque la création lui fut soumise (2), et que pour cet autre le fer fut assoupli (3)…
Le fils d’Imrân, après ses neuf signes, fendit la masse des flots, qui redevinrent alors un sol à découvert. Le Messie, fils de Mariam, qui est l’Esprit de Dieu, faillit être anéanti par les Juifs. Le maître des prophètes et le guide vers la vérité, Ahmad le Loué, s’en est allé lui aussi. Ses fils et les membres de sa famille pure et lumineuse – que L’Adoré leur accorde Ses prières – sont également partis.
Les étoiles du ciel se disperseront au bout d’un temps et l’air, lui, s’arrêtera de souffler. Le feu de ce monde, qui consume la roche, connaîtra l’extinction, et l’eau la congélation (4). De même, la terre tremblera et s’affaisera au matin du Jour où les hommes s’y rendront. Ces éléments premiers sont un feu, un sol, un air humide et une eau froide. Ils disparaîtront (5) comme nous disparaissons, si bien qu’il ne restera ni père ni enfant de toute la création. Ni le malheureux égaré ni l’heureux bien-guidé ne sauraient échapper aux vicissitudes du temps. Et quand la mort brandit ses glaives, elle fauche aussi bien les maîtres que les serviteurs.
Parmi ceux qui [décédèrent cette année-là] (6) : Abou al-Foutouh Nasr ibn ‘Ali al-Baghdâdî, jurisconsulte shâfi‘ite, surnommé Tha‘lab. Il se consacra à l’étude du madhhab et des divergences doctrinales. De sa poésie, on cite :
[Mètre al-Basît]
« Mon corps est avec moi, mais mon âme est chez vous. Ainsi, le corps est en exil, tandis que l’âme, elle, est au pays natal.
Que les gens s’étonnent de moi : je possède un corps privé d’âme, et une âme dépourvue de corps ! »
Abou al-Fadl Jabrâ’îl (7) ibn Mansour ibn Hibat Allâh ibn Jibrîl ibn al-Hasan ibn Ghâlib ibn Yahyâ ibn Mûsâ ibn