Abd al-Masîh : « Ô assemblée des chrétiens, vous savez bien que Muhammad est vraiment un Prophète envoyé, et il vous a transmis la vérité décisive concernant votre compagnon. Vous savez également qu’aucun peuple n’a jamais invoqué la malédiction contre un Prophète sans que leurs anciens ne périssent et que leurs jeunes ne soient déracinés. Vous seriez donc anéantis si vous agissiez ainsi. Si vous refusez de quitter votre religion et continuez à soutenir ce que vous affirmez au sujet de votre compagnon, alors concluez une trêve avec cet homme et retournez dans vos contrées. »
Ils demandèrent donc cela au Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction soient sur lui), le priant de leur imposer la capitation (jizya) et de leur envoyer un homme digne de confiance. Il envoya donc avec eux Abû ‘Ubayda ibn al-Jarrâh. Nous avons expliqué cela dans le commentaire de la sourate Âl ‘Imrân (1) et nous reviendrons plus en détail sur cette affaire dans la Sîra du Prophète (2), si Dieu le veut, car c’est en Lui que nous plaçons notre confiance.
Ce qui est visé, c’est que lorsque Dieu – Exalté soit-Il – clarifia l’affaire concernant le Messie, Il dit à Son Messager : « Voilà Jésus, fils de Marie, parole de vérité, au sujet de laquelle ils doutent. » Cela signifie qu’il s’agit d’un serviteur créé, né d’une femme parmi les serviteurs de Dieu. C’est pourquoi Il déclare : « Il n’appartient pas à Dieu de Se donner un enfant. Gloire à Lui ! Lorsqu’Il décrète une chose, Il dit seulement : “Sois”, et elle est. » Autrement dit, rien ne Le met dans l’impuissance, ni ne Le contrarie (3), ni ne Le surmène. Il est au contraire le Tout-Puissant, Celui qui réalise tout ce qu’Il veut : « Lorsqu’Il veut une chose, Son ordre consiste seulement à dire : “Sois”, et elle est. » Et Sa parole : « En vérité, Dieu est mon Seigneur et le vôtre. Adorez-Le donc. Voilà un droit chemin ! » fait partie de ce que Jésus dit alors qu’il se trouvait au berceau ; il leur annonça que Dieu est son Seigneur et le leur, qu’Il est sa Divinité et la leur, et que voilà la Voie droite.
Dieu dit ensuite : « Les factions divergèrent alors entre elles ; malheur à ceux qui ont mécru face au Jour terrifiant ! » Autrement dit, les gens de cette époque (4) puis ceux qui leur succédèrent se sont divisés à son sujet : certains, parmi les Juifs, ont dit qu’il était né d’une relation adultère, et ils sont restés dans leur mécréance et leur obstination. D’autres, s’opposant également dans la mécréance, ont proclamé : « Il est Dieu. » D’autres encore ont dit : « Il est le Fils de Dieu. » Quant aux croyants, ils ont déclaré : « Il est le Serviteur de Dieu et Son Messager, le fils de Son esclave, Sa Parole qu’Il a transmise à Marie, et un esprit venant de Lui. » Ceux-là sont les sauvés, les récompensés, ceux que Dieu soutient et secourt. Quiconque n’adhère pas à l’un de ces principes fait partie des mécréants, des égarés et des ignorants. Dieu, le Sublime, le Sage, l’Omniscient, les a menacés en disant : « Malheur à ceux qui ont mécru face au Jour terrifiant ! »
Al-Bukhârî a rapporté : « Sadaqa ibn al-Fadl nous a rapporté, d’après al-Walîd, qui le tenait d’al-Awzâ‘î, lequel le tenait de ‘Umayr ibn Hânî, qui le tenait de Junâda ibn Abî Umayya, qui le tenait de ‘Ubâda ibn al-Sâmit, selon le Prophète (que la paix et la bénédiction soient sur lui) : “Quiconque atteste qu’il n’est de dieu que Dieu, Unique sans associé, que Muhammad est Son serviteur et Son Messager, et que Jésus est le serviteur de Dieu, Son Messager, et Sa Parole (5) qu’Il adressa à…” »