Mohammad as-Sabti an-Najjâr (1)
Certains le considéraient comme l’un des abdâl. Abû Shâma (2) rapporte : « C’est lui qui construisit, de ses propres deniers, la mosquée à l’ouest de Dâr ar-Rakwah, à la gauche du passant dans la rue, et il fut inhumé sur la montagne. Ses funérailles furent solennelles. Qu’Allah lui fasse miséricorde. »
[Al-‘Abbâdî le poète]
Abû al-Hasan ‘Alî ibn Sâlim ibn Yizbak ibn Mohammad ibn Muqlid al-‘Abbâdî, poète originaire d’al-Hadîthah, se rendit à Bagdad à plusieurs reprises et fit l’éloge d’al-Mustanṣir (3) et d’autres encore. C’était un homme cultivé et un poète qui abondait dans la poésie amoureuse.
Abû Yûsuf Ya‘qûb ibn Ṣâbir al-Ḥarrânî (4), dit ensuite al-Baghdâdî al-Manjanîqî,
était un homme de savoir dans son domaine, et un poète accompli à la plume délicate et aux significations subtiles. Ibn as-Sâ‘î (5) a rapporté de lui plusieurs pièces dignes d’intérêt, parmi lesquelles figure un poème offrant une grande consolation à tous (6) :
[Ses propos]
[Du mètre al-khafîf]
« Existe-t-il pour celui qui espère la permanence une éternité ?
Car, en dehors de Dieu, toute chose est vouée à disparaître.
Et celui sorti de la poussière, même s’il vit longtemps,
Au terme de sa vie, retournera (7) à la poussière.
Le sort de tous les humains, sans exception, est de rejoindre
Celui de leurs pères et aïeux qui les ont précédés.
Où est Hawwâ ? Où est Adam ? Eux à qui, jadis,
Échappèrent à la fois le séjour éternel et la demeure perpétuelle ?
Où est Hâbîl ? Où est Qâbîl, si quiconque demandait après eux
Trouverait l’un hostile et jaloux (8) ?
Où est Nûḥ ? Et ceux qui se sauvèrent à bord de l’arche
Tandis que l’humanité tout entière fut emportée ?
Le temps l’a finalement jeté dans les bras de la mort comme un enfant sans défense,
Et sa longue vie ne l’a guère protégé (9).
Où est ‘Âd ? Où donc est le “jardin” de ‘Âd ?
Ou bien où est Ṣâliḥ, et où est Thamûd ?
Où est Ibrâhîm, lui qui éleva la Maison sacrée de Dieu,
Cette demeure magnifiée, vers laquelle chacun se tourne ? »