Son frère reçut Harran (1), ar-Ruha, ar-Raqqa, Ra’s al-‘Ayn et Saruj, puis al-Kāmil marcha et assiégea Ḥamāt. Le souverain de cette ville, al-Malik al-Manṣūr ibn Taqī al-Dīn ‘Umar (2), était décédé, ayant confié l’affaire du pouvoir, après lui, à son fils aîné al-Muẓaffar Muḥammad (3), époux de la fille d’al-Kāmil. Cependant, son frère Ṣalāḥ al-Dīn Qilij Arslān s’empara de Ḥamāt, si bien qu’al-Kāmil l’assiégea jusqu’à l’obliger à quitter la citadelle, avant de la rendre à son frère al-Muẓaffar Muḥammad. Ensuite, il partit prendre possession des contrées qu’il avait échangées contre Damas avec son frère al-Malik al-Ashraf, comme nous l’avons mentionné.
À Damas, au temps du roi an-Nāṣir Dāwūd, les gens se consacraient à l’étude des « sciences anciennes » (ʿilm al-awāʾil), et lui-même les pratiquait. Certains allaient jusqu’à l’accuser, peut-être à tort, d’une certaine forme de relâchement — Dieu seul le sait. Alors, al-Malik al-Ashraf proclama dans les différentes contrées que l’on cesse de s’attacher à ces disciplines et que l’on s’adonne plutôt à l’étude de l’exégèse (tafsīr), du ḥadīth et du fiqh.
Sayf al-Dīn al-Āmidī était maître à l’Azīziyya, puis il en fut démis et resta chez lui jusqu’à sa mort en l’an trente-et-un, comme il sera relaté.
Cette année-là, an-Nāṣir Dāwūd avait adjoint au Qāḍī al-Quḍāt Shams al-Dīn ibn al-Khuwayyī (5) le qāḍī Muḥy al-Dīn (6) Yaḥyā ibn Muḥammad ibn ʿAlī ibn al-Zakī. Celui-ci exerça quelques jours sa fonction de juge sous le šabbāk, à l’est de Bāb al-Kallāsa, avant que la juridiction ne soit transférée chez lui, en partage avec Ibn al-Khuwayyī (7).
[Parmi les notables décédés cette année-là]
se trouve al-Malik al-Masʿūd (8) Aqasīs ibn al-Kāmil, seigneur du Yémen. Il gouverna La Mecque en l’an dix-neuf, y exerça la justice et expulsa les zaydites, assurant la sécurité des routes et des pèlerins. Toutefois, il se montra également excessif envers lui-même, avec une certaine tyrannie et une forme d’injustice. Il mourut à La Mecque et fut inhumé à Bāb al-Maʿlā.