Et d’autres encore. Tous convinrent de déposer an-Nasir Dawud de la royauté de Damas et de la remettre à al-Ashraf Musa, afin de protéger la Syrie (ash-Shâm) des Francs. L’exécution de cette décision devait avoir lieu l’année suivante, si Dieu le veut.
Cette année-là, on destitua as-Sadr al-Bakrî (1) de la fonction de muhtasib (chargé de la police des marchés) à Damas ainsi que de la direction (mashyakhat ash-shuyûkh), et l’on nomma deux autres personnes à sa place.
Le shaykh Shihâb ad-Dîn (2) Abû Shâma (3) a dit : « Au début de Rajab, le shaykh, juriste pieux (4) Abû al-Hasan ‘Alî ibn al-Marrâkishî, qui résidait à la madrasa mâlikite, rendit l’âme. Il fut inhumé dans le cimetière qu’avait consacré ar-ra’îs (5) Khalîl ibn Zawayzân, à l’avant des tombes des soufis, et il fut le premier à y être enterré. Qu’Allah lui fasse miséricorde. »
[Puis débuta l’année 626 de l’Hégire]
Elle commença alors que les souverains de Banû Ayyûb étaient divisés et en désaccord, formant des partis et des factions. Tous se rassemblèrent auprès d’al-Kâmil Muhammad, maître d’Égypte, installé dans les environs de la noble Jérusalem. Les Francs – que Dieu les maudisse – virent leurs forces s’accroître grâce aux renforts venus de la mer, au décès d’al-Mu‘azzam et aux dissensions entre ses successeurs. Ils réclamèrent aux musulmans la restitution de ce qu’al-Nâsir Salâh ad-Dîn leur avait pris. Un accord de paix fut alors conclu, selon lequel seule Jérusalem leur serait rendue, tandis que le reste des contrées resterait aux mains des musulmans. Ils prirent ainsi possession de la noble Jérusalem, dont al-Mu‘azzam avait déjà démantelé les remparts. L’affaire affligea très vivement les musulmans et causa un grand émoi ; c’est pourquoi nous disons : « Nous sommes à Dieu et c’est à Lui que nous retournons. »
Plus tard, le roi al-Kâmil se présenta et assiégea Damas, exerçant une forte pression sur ses habitants : il coupa (7) les cours d’eau, les provisions (8) furent pillées et les prix flambèrent. Les troupes demeurèrent autour de la ville jusqu’à ce qu’il en fît sortir le fils de son frère, Salâh ad-Dîn al-Malik an-Nâsir Dawud ibn al-Mu‘azzam, à la condition qu’il demeure roi dans la cité d’al-Karak, à ash-Shawbak, à Naplouse et dans certains villages (9) situés au Ghawr et au Balqâ’, tandis que l’émir ‘Izz ad-Dîn Aybak, précepteur de la cour d’al-Mu‘azzam et seigneur de Sarakhd, y resterait également. Puis un échange eut lieu entre al-Ashraf et son frère al-Kâmil : al-Ashraf obtint Damas et remit… »