Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Puis arriva l’année vingt-cinq et six cents (625 de l’Hégire). Au cours de celle-ci, de nombreux affrontements eurent lieu entre Jalâl ad-Dîn et les Tatars, qui le vainquirent plus d’une fois. Cependant, par la suite, il les battit à son tour d’une défaite écrasante, et en tua un nombre incalculable. Ces Tatars s’étaient isolés et révoltés contre Gengis Khan, lequel écrivit alors à Jalâl ad-Dîn en disant : « Ils ne sont pas des nôtres, nous les avons écartés, mais tu verras de notre part ce à quoi tu ne pourras faire face. »

Cette même année, un grand groupe de Francs arriva depuis la région de Sicile et descendit à Acre et à Tyr. Ils lancèrent un assaut sur la ville de Sidon et l’arrachèrent aux mains des croyants, la traversèrent et affermirent ainsi leur puissance. L’empereur arriva ensuite, s’empara de l’île de Chypre, puis se rendit à Acre, et les musulmans craignirent dès lors son emprise. C’est en Dieu que nous cherchons secours.

Le roi al-Kâmil, Muḥammad ibn al-ʿÂdil, souverain d’Égypte, se rendit ensuite à la noble Jérusalem, y entra, puis partit pour Naplouse. An-Nâṣir Dâwud ibn al-Muʿaẓẓam redouta son oncle al-Kâmil ; il écrivit donc à son oncle al-Ashraf pour qu’il vienne au plus vite, et envoya également une supplique à son frère al-Kâmil afin qu’il cesse toute hostilité à l’égard de son neveu. Al-Kâmil répondit qu’il n’était venu que pour préserver Jérusalem et la protéger des Francs, qui cherchaient à s’en emparer. Il jura ne jamais assiéger son frère ou son neveu. Puisque tu es à présent arrivé en Syrie, tu la préserveras, et moi je retournerai en Égypte.

Toutefois, al-Ashraf et les habitants de Damas craignirent que, si al-Kâmil repartait, les Francs n’étendent leurs ambitions jusqu’à Jérusalem. Al-Ashraf rejoignit alors son frère al-Kâmil et le découragea de regagner l’Égypte. Ils demeurèrent tous deux sur place – que Dieu les récompense – pour préserver Jérusalem des Francs, que Dieu les maudisse.

Se rallièrent alors au roi [al-ʿÂdil] plusieurs souverains, tels que son frère al-Ashraf, leur frère ash-Shihâb Ghâzî ibn al-ʿÂdil, leur frère aṣ-Ṣâliḥ Ismâʿîl ibn al-ʿÂdil, ainsi que le seigneur de Ḥimṣ, Asad ad-Dîn Shîrkûh ibn Nâṣir ad-Dîn [Muḥammad ibn Shîrkûh].

(1) A, B : les Tatars. (2) A, B : Ibn Djengis Khan. (3) A, B : des mains des musulmans et sa conquête. (4) Dans le texte : « roi » ; cela n’est pas correct, car l’Empereur est le roi des Allemands, et avant son arrivée, il avait déjà pris le contrôle de Chypre, donc il ne peut pas être qualifié de roi de Chypre en second lieu. Puis considère sa phrase suivante : « puis il marcha et campa à Saint-Jean d’Acre », ce qui indique qu’il fut d’abord roi de Chypre, puis roi d’Acre, ce qui est la version correcte (Bachâr). (5) Présent uniquement dans la version T. (6) B : et les habitants du Sham (la Syrie). (7) A : pencher. B : un penchant. (8) T : ils entourent l’enceinte de Jérusalem.
[ثم دخلت سنة خمس وعشرين وستمئة] فيها: كانت حروبٌ كثيرةٌ بين جلال الدين والتتر (١) ، كسروهُ غيرَ مرةٍ، ثم بعد ذلك كلّه كسرهم كسرةً عظيمةً، وقتل منهم خلقًا وأُممًا لا يُحْصَوْن [كثرة] ، وكان هؤلاء التتر قد انفردوا وعَصَوْا على جنكيز خان فكتب جنكيز خان (٢) إِلى جلال الدين يقول له: إِن هؤلاء ليسوا منَّا ونحن أبعدناهم، ولكن سترى منَّا ما لا قبل لك به. وفيها: قدمت طائفةٌ كبيرةٌ من الفرنج من ناحية صقلية فنزلوا عكَّا وصُور وحملوا على مدينة صَيْدا فانتزعوها من أيدي المؤمنين، وعبروها (٣) وقويت شوكتهم، وجاء الانبرور فملك جزيرة قبرس (٤) ثم سار فنزل عكا فخاف المسلمون من شره وبالله المستعان. وركب الملك الكامل محمد بن العادل صاحب مصر إِلى بيت المقدس الشريف (٥) فدخله، ثم سار إلى نابلس فخاف الناصر داود بن المعظم من عمه الكامل، فكتب إِلى عمه الأشرف فقدم عليه جريدة، وكتب إِلى أخيه الكامل يستعطفه ويكفُّه عن ابن أخيه، فاجابه الكامل بأني إِنما جئت لحفظ بيت المقدس وصونه عن الفرنج الذين يريدون أخذه، وحاشا لله أن أحاصر أخي أو ابن أخي، وبعد أن جئت أنت إِلى الشام فأنت تحفظها وأنا راجع إِلى الديار المصرية، فخشي الأشرف وأهل دمشق (٦) إِن رجع الكامل أن تمتد (٧) أطماع الفرنج إِلى بيت المقدس، فركب الأشرف إِلى أخيه الكامل فثبَّطه عن الرجوع، وأقاما جميعًا هنالك جزاهما الله خيرًا، يحفظان بيت المقدس (٨) عن الفرنج لعنهم الله. واجتمع إِلى الملك [العادل] جماعة من ملوكهم، كأخيه الأشرف وأخيهما الشهاب غازي بن العادل وأخيهم الصالح إِسماعيل بن العادل، وصاحب حمص أسد الدين شيركوه بن ناصر الدين [محمد بن شيركوه] ،
(١) أ، ب: التتار. (٢) أ، ب: ابن جنكيز خان. (٣) أ، ب: من أيدي المسلمين وغزوها. (٤) في ط: "ملك" ولا يصح، لأن الانبرور (الامبراطور) هو ملك الألمان، وكان قبل مجيئه قد استولى على قبرس، فلا يوصف بأنه ملك قبرس حسب، ثم تأمل قوله بعد ذلك: "ثم سار فنزل عكا"، وهو يدل على أنه ملك قبرس أولًا، ثم ملك عكا، وهو الصواب (بشار). (٥) عن ط وحدها. (٦) ب: وأهل الشام. (٧) أ: أن يميل. وب: أن ميل. (٨) ط: يحوطان جناب القدس.

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