« Fais preuve de patience face à la douceur de la passion et à ses tourments… Et celui qui est épris est toujours à la fois blâmé et excusé. »
(1)
Abou al-Qâsim ‘Abd al-Rahmân ibn Muhammad ibn Ahmad ibn Hamdân (2), dit al-Tabbî, connu sous le nom d’al-Sâ’in, fut l’un des répétiteurs à la Nizâmiyya et enseigna à la Thiqtiyya (3). Il maîtrisait la jurisprudence de l’école (madhhab), les lois successorales (farâ’id) et le calcul. Il rédigea un commentaire du « Tanbîh ». Ibn al-Sâ‘î l’a mentionné.
Abou al-Najm Muhammad ibn al-Qâsim ibn Hibat Allâh al-Tikrîtî (4), juriste shaféite, étudia auprès d’Abou al-Qâsim ibn Fazlân (5). Il enseigna ensuite à la Nizâmiyya et dans d’autres établissements (6). Il dispensait chaque jour vingt leçons, et il n’avait d’autre occupation que l’enseignement et la récitation du Coran, nuit et jour. Il était éminent, possédant de vastes connaissances, maîtrisant le madhhab et les divergences doctrinales (khilâf). Il émettait, par ailleurs, une fatwa selon laquelle un triple divorce était compté comme un seul. Cela irrita le Qâdî al-Qudât (juge suprême) Abou al-Qâsim ‘Abd Allâh ibn al-Husayn al-Dâmghânî (7), qui refusa dès lors de l’écouter. Al-Tikrîtî fut alors envoyé à Tikrît, puis on le rappela à Bagdad où il reprit ses activités d’enseignement. Le Qâdî al-Qudât Nasr ibn ‘Abd al-Razzâq (8) le rétablit dans sa fonction à la Nizâmiyya, et il continua à enseigner, à donner des avis juridiques et à jouir d’un grand prestige, jusqu’à sa mort au cours de cette même année. Qu’Allah lui fasse miséricorde.
C’est ainsi qu’Ibn al-Sâ‘î l’a rapporté.
(1) Éd. : et pardonnons.
(2) A, B : Ibn Ḥamdūn. Bachar a dit : Sa biographie se trouve dans « Tārīkh al-islām » (13/772).
(3) Éd. : « al-Thaqafiyya », qui est une déformation ; c’est en réalité l’école al-Thuqtiyya à Bagdad, nommée d’après Thiqatu al-Dawla Abū al-Ḥasan ʿAlī ibn Muḥammad ibn al-ʾIbrī al-Darīnī, décédé en 549 H, qui était le représentant du calife al-Muqtafī li-Amr Allāh. Elle se trouvait sous la résidence califale sur le Tigre. Il était l’époux de la savante et muhadditha Shahda bint al-ʾIbrī (Bachar).
(4) Sa biographie se trouve dans « al-Mukhtār min Tārīkh Ibn al-Juzrī » (139) et « Tārīkh al-islām » (13/783).
(5) Il s’agit de Yaḥyā al-Wāthiq ibn ʿAlī ibn al-Faḍl ibn Hibat Allāh ibn Baraka al-Baghdādī Abū al-Qāsim ibn Faḍlān, cheikh des Chaféites. Il a étudié auprès d’Abū Ghālib ibn al-Banāʾ et Ismāʿīl ibn al-Samarqandī. Il enseigna à l’école Dār al-Dhahab, récita d’après les différentes chaînes de transmission, et mourut en 595 H. Voir « Siyar aʿlām al-nubalāʾ » (21/257) où figure une liste abondante de ses sources biographiques.
(6) A, B : autrement. Bachar a dit : c’est l’école al-Qaisariyya, située près de l’école du cheikh Abū al-Najīb al-Suhrawardī (voir notre étude dans « Ḥaḍārat al-ʿIrāq », 8/100-101) (Bachar).
(7) La biographie de al-Dāmighānī est déjà mentionnée dans « Wafayāt » pour l’année 615 H.
(8) Il s’agit de Naṣr ibn ʿAbd al-Razzāq ibn ʿAbd al-Qādir al-Jīlānī al-Azjī al-Ḥanbalī, qui a compilé pour lui-même les quarante ḥadīths, enseigna à l’école de son grand-père, prêcha, écrivit sur le soufisme, et exerça la fonction de juge. Il mourut en 633 H. Voir « Siyar aʿlām al-nubalāʾ » (22/396-399) où est donnée la liste de ses sources.