Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Depuis que tu es absent(1) de ma vie, je n’ai trouvé aucun compagnon, aucun frère digne de confiance, sans que ta pensée ne me vienne à l’esprit.

Après lui, son fils An-Nâsir Dâwoud ibn al-Muʿaẓẓam(2) régna sur Damas et reçut l’hommage des émirs.

Abû al-Maʿâlî Asʿad ibn Yaḥyâ ibn Mûsâ ibn Manṣûr ibn ʿAbd al-ʿAzîz ibn Wahb, le juriste shâfiʿite de Sinjâr(3), était un cheikh lettré, vertueux et généreux, doté d’un talent littéraire en poésie et en prose, et auteur de charmantes anecdotes. Il vécut au-delà de quatre-vingt-dix ans. Le seigneur de Ḥamâ le nomma un temps comme vizir. Il composa une poésie raffinée dont Ibn as-Sâʿî a conservé un bel échantillon. Parmi ses vers(4), on lit :

[mètre al-kâmil]

« Ton amour n’a jamais laissé place à l’oubli dans son esprit…
Et toi, plus que quiconque, connais sa condition dans la passion.
Si un calomniateur t’a soufflé qu’il se serait détourné de toi,
ce n’est là que le propos de ceux qui te blâment.
L’ardeur tourmentée n’a-t-elle pas déjà de témoin manifeste ?
Son état se passe de tout questionnement.
Tu as renouvelé la robe de sa souffrance, tu as éventré
le voile de sa passion et rompu le fil de son union.
Ô quelle chose étonnante que ce prisonnier, dont l’habitude
est de racheter l’homme libre de sa propre vie et de ses biens ! »

Il a également dit :

[mètre al-kâmil]

« Les blâmateurs se sont acharnés sur moi à propos de mon amour pour toi…
Hélas, l’heure de l’oubli est remise au Jour du Jugement !
Ils ignorent la place que tu occupes dans les cœurs, et ils prolongent leurs propos ;
Ah, s’ils ressentaient ne serait-ce qu’un peu de mon émoi, ils les écourteraient. »

(1) A, B : « Et si j'ai disparu de la vue d'un compagnon » ; le vers ne respecte pas la métrique, et à la fin des deux jardins : « ʿabt » ; une altération, à corriger. (2) A, B : « roi de Damas après lui ». (3) Sa biographie se trouve chez Abū al-Maʿālī al-Sinjārī dans « Kharīdat al-Qaṣr », « Poètes du Cham » (2/401-404), ainsi que dans « Muʿjam al-Buldān » (Sinjār), « Wafayāt al-Aʿyān » (1/214-217), « Taʾrīkh al-Islām » (13/760), « Siyar Aʿlām al-Nubalāʾ » (22/302), « al-Wāfī bil-Wafayāt » (9/32-34), « Ṭabaqāt al-Subkī » (5/50) et « Shudhūr al-Dhahab » (5/104). (4) Les vers se trouvent dans « Wafayāt al-Aʿyān » (1/214-215) précédés de cette introduction : « Parmi sa poésie une partie d’un qaṣīda de louange qu’il adressa au qāḍī Kamāl al-Dīn al-Shahrzurī ». (5) Seule la version T. (6) Variante du vers dans T : « Famatā washā wāsha ilayhi bi-shaʾnihi … sāʾil hawāk fa-dhāk min aʿdāh » (7) T : « aw laysa li-d-danf ». (8) Avant ce vers, dans les Wafayāt, le vers suivant : « Afzalla sabaqat lahu am khalla … maʾlūfa min tayhi wa-dalālih » Puis six vers suivent. (9) T : « wa-ḥāwalū ».
ومذ غبت (١) عنّي ما ظفرتُ بصاحبٍ … أخي ثقة إِلا خطرتَ ببالي وملك بعده دمشق (٢) ولده الناصر داود بن المعظم، وبايعه الأمراء. أبو المعالي أسعد بن يحيى (٣) بن موسى بن منصور بن عبد العزيز بن وهب الفقيه الشافعي السِّنْجاري. شيخ أديب فاضل خيّر، له نظم ونثر ظريف، وله نوادر حسنة وجاوز التسعين. وقد استوزره صاحب حماة في وقت، وله شعر رائق أورد منه ابن الساعي قطعة جيدة. فمن ذلك قوله (٤) : [من الكامل] وَهَواكَ ما خَطَرَ السُلُوُّ ببالهِ … ولأنت (٥) أعلمُ في الغرامِ بحالهِ فمتى وشى واشٍ إِليكَ بأنهُ … سالٍ هواكَ فذاكَ من عُذَّالهِ (٦) أو ليسَ للكَلفِ (٧) المعنَّى شاهدٌ … من حالهِ يغنيكَ عن تسآلهِ جدَّدتِ ثوبَ سقامهِ، وهتكتِ ستـ … ــرَ غرامهِ، وصرمتِ حبلَ وصالهِ يا للعجائب من أسيرٍ دأبهُ … يفدي الطليقَ بنفسهِ وبماله (٨) وله أيضًا: [من الكامل] لامَ العواذلُ في هواكِ فأكثروا … هيهاتَ ميعادُ السلوّ المحشرِ جهلوا مكانكِ في القلوبِ وطَوَّلوا (٩) … لو أنهم وجدوا كوجدي أقصروا
(١) أ، ب: وإِن كنت قد غبت عن ناظري مصاحب. ولا يستقيم بها الوزن، وفي ذيل الروضتين: عبت؛ تحريف فلتصحح. (٢) أ، ب: ملك دمشق بعده. (٣) ترجمه - أبي المعالي السنجاري في خريدة القصر - شعراء الشام - (٢/ ٤٠١ - ٤٠٤) ومعجم البلدان (سنجار) ووفيات الأعيان (١/ ٢١٤ - ٢١٧) وتاريخ الإسلام (١٣/ ٧٦٠) وسير أعلام النبلاء (٢٢/ ٣٠٢) والوافي بالوفيات (٩/ ٣٢ - ٣٤) وطبقات السبكي (٥/ ٥٠) وشذرات الذهب (٥/ ١٠٤). (٤) الأبيات في وفيات الأعيان (١/ ٢١٤ - ٢١٥) بالمقدمة التالية: ومن شعره من جملة قصيدة مدح بها القاضي كمال الدين الشهرزوري. (٥) عن ط وحدها. (٦) رواية البيت في ط: فمتى وشى واش إِليه بشأنه … سائل هواك فذاك من أعداه (٧) ط: أو ليس للدنف. (٨) قبل هذا البيت في الوفيات البيت التالي: أفزلَّة سبقت له أم خلَّة … مألوفة من تيهه ودلاله وبعده فيه ستة أبيات. (٩) ط: وحاولوا.

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