Il déclara :
Un homme mécréant se présenta à lui en disant : « J’ai vu en rêve Gengis Khan qui me disait : “Dis à mon fils de tuer (1) les musulmans.” » Il lui répondit : « C’est un mensonge », et ordonna qu’on le mette à mort (2).
Il déclara :
Il ordonna ensuite de tuer trois hommes que la Yassa (3) condamnait à la peine capitale. Sur ce, une femme se mit à pleurer et à se frapper le visage. Il dit : « Qui est-elle ? Faites-la venir. » Elle dit : « C’est mon fils, voici mon frère, et voici mon mari. » Il lui dit : « Choisis-en un pour que je te le libère. » Elle répondit : « Le mari, on peut en retrouver un semblable, le fils également, mais le frère est irremplaçable. » Il trouva son propos admirable et libéra les trois pour elle.
Il déclara :
Il aimait les lutteurs et les hommes habiles au combat. Il s’en trouvait un groupe à ses côtés. On lui parla d’un homme du Khorassan, alors il le convoqua, et cet homme mit à terre tous ceux qui étaient présents. Le sultan l’honora, le combla de dons et lui donna pour épouse une des filles de rois (5), d’une grande beauté. Elle demeura quelque temps auprès de lui, sans qu’il ne la touche. Un jour, alors qu’elle lui rendait visite dans la demeure du khan (6), le sultan, en la taquinant, lui demanda : « Comment trouves-tu l’homme arabisé ? » Elle expliqua qu’il ne l’avait jamais approchée. Le sultan s’en étonna et le convoqua. Il l’interrogea à ce sujet, et il répondit : « Ô Khawand, si j’ai été honoré auprès de toi, c’est pour ma valeur de combattant. Si je m’approchais d’elle, cela aurait diminué mon rang à tes yeux. » Le sultan rétorqua : « Il n’y a pas de mal. » Il convoqua alors un cousin de cet homme, qui lui ressemblait. Le sultan voulut qu’ils luttassent l’un contre l’autre, mais il déclara : « Vous êtes de la même famille, il ne convient pas de vous affronter ainsi », et il leur octroya une riche somme d’argent.
Il déclara :
Lorsque la mort le saisit, il recommanda à ses fils de rester unis et de ne pas se diviser. Pour les en convaincre, il leur donna des exemples : il fit apporter une flèche, la remit à l’un d’eux qui la brisa. Puis il fit apporter une botte entière de flèches et la leur remit ; ils ne purent la briser. Il leur dit : « Voici votre image quand vous êtes unis et solidaires, et voilà ce que vous seriez si vous vous isoliez et vous divisiez. »
Il déclara :
Il avait plusieurs fils et filles, dont quatre constituaient ses enfants les plus influents (9) : le plus âgé était Toli (10), puis Hryoul, Batu (11) et Berké, ainsi que Torkoudjar. Chacun d’entre eux recevait une fonction particulière auprès de lui.