Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Il les arracha donc et les remit au paysan, qui en perdit la raison et s’en alla pour les vendre à un marchand au prix de mille dinars, sans en connaître la valeur. Le marchand les porta ensuite au roi, lequel les rendit à son épouse. À ce propos, Al-Juwaynî récita :

(1) Sur le mètre at-Ṭawīl :
« Et quiconque dit que sa main ressemble à la mer et à la pluie, (2)
Ne fait en vérité qu’exalter la mer et la pluie. »

On raconte qu’un jour, ce roi (ou personnage) traversa un marché et y vit, chez un épicier, des jujubes dont la couleur lui plut et vers lesquels son âme pencha. Il ordonna alors à son huissier d’en acheter pour un bālis, mais l’huissier les obtint pour un quart de bālis. Quand il les déposa devant lui, il en fut content et s’exclama : « Tout cela pour un bālis ?! » On lui répondit : « Il en reste encore ceci », en désignant l’argent qu’il restait. Alors il se mit en colère et dit : « Quand donc trouvera-t-il un acheteur comme moi ? Donnez-lui dix bālis. »

Ils racontent encore qu’un homme lui offrit un bol de verre confectionné à Alep. Gengis Khan (Jingīz Khān) l’admira, mais l’un de ses proches en atténua la valeur à ses yeux en disant : « Ô maître (Khond), ce n’est que du verre sans importance ! » Il répliqua : « N’a-t-il pas voyagé depuis des contrées lointaines pour nous l’apporter intact ? Donnez-lui deux cents bālis. »

On lui rapporta aussi qu’il existait en tel endroit un grand trésor ; si on l’ouvrait, on en retirerait une grande fortune. Il dit : « Ce que nous possédons déjà nous suffit. Laissons d’autres l’ouvrir et profiter de son contenu ; ils y ont plus de droit que nous. » Il n’y toucha pas.

On ajoute qu’un homme dans ses domaines se rendit célèbre en affirmant : « Je connais l’emplacement d’un trésor que je ne révélerai qu’au Khan. » Les émirs insistèrent pour qu’il le leur révélât, mais il refusa. Ils en référèrent au Khan, qui le fit venir d’urgence sur des chevaux de poste (al-awlāq). Quand l’homme fut devant lui, il l’interrogea au sujet du trésor. L’autre répondit : « Je ne le disais qu’en ruse, dans l’unique but de contempler votre visage. » En constatant ce revirement, le Khan se mit en colère et lui dit : « Tu as obtenu ce que tu souhaitais ; retourne d’où tu viens. » Il ordonna qu’on le raccompagnât sain et sauf, sans rien lui donner. [Al-Juwaynî commenta : « Voilà qui est singulier. »]

On raconte également qu’une personne lui offrit une grenade ; il la brisa, en distribua les grains à l’assistance, puis ordonna que l’on remît à celui qui l’avait offerte un nombre de bālis équivalant à celui des grains. Ensuite, il récita :

(Extrait du mètre al-Kāmil) :
« C’est pourquoi les délégations se pressent à sa porte,
Comme s’entassent les grains dans la grenade. »

(1) B : Il les vendit à certains commerçants. (2) T : Il l’appela. (3) T : Et il dit : « Que celui qui trouve... » (4) B : Donc il dit : « Par Dieu... » (5) Exclusif à T. (6) A, B : « Si je te le donnais, tu prendrais beaucoup d’argent de lui », il dit : « Ce que nous avons en mains nous suffit », et il fut appelé. (7) B : « J’étais... » (8) T : « Ce que tu as dit t’est arrivé », et il le rendit intact à sa place, sans rien lui donner. (9) A, B : Puis il ordonna.
فانتزعتهما فدفعتهما إِلى الفلاح فطار عقله بهما وذهب بهما فباعهما لأحد (١) التجار بألف دينار، ولم يعرف قيمتهما، فحملهما التاجر إلى الملك فردَّهما على زوجته، ثم أنشد الجويني عند ذلك: [من الطويل] ومن قال إِن البحرَ والقطرَ أشبها … يداه (٢) فقد اثنى على البحرِ والقطرِ قالوا: واجتاز يومًا في سوق فرأى عند بقال عنّابًا فأعجبه لونه ومالت نفسه إِليه فأمر الحاجب أن يشتري منه ببالس، فاشترى الحاجب بربع بالس، فلما وضعه بين يديه أعجبه وقال: هذا كله ببالس؟ قال وبقي منه هذا - وأشار إِلى ما بقي معه من المال - فغضب وقال: متى (٣) يجد من يشتري منه مثلي؟ تمموا له عشرة بوالس. قالوا (٤) : وأهدى له رجل جامَ زجاجٍ من معمول حلب، فاستحسنه جنكيز خان فَوَهَّن أمرَهُ عنده بعضُ خواصه وقال: خوند هذا زجاج لا قيمةَ له، فقال: أليس قد حمله من بلادٍ بعيدة حتى وصل إِلينا سالمًا؟ أعطوه مئتي بالس. قال (٥) : وقيل له إِنَّ في هذا المكان كنزًا عظيمًا إِن (٦) فتحته أخذت منه مالًا جزيلًا، فقال: الذي في أيدينا يكفينا، ودع هذا يفتحه الناس ويأكلونه فهم أحقُّ به منّا، ولم يتعرض له. قال: واشتهر عن رجل في بلاده يقول: أنا أعرف موضع كنز ولا أقول إِلا للقان، وألحّ عليه الأمراء أن يعلمهم فلم يفعل، فذكروا ذلك للقان فأحضره على خيل الأولاق - يعني البريد - سريعًا، فلما حضر إِلى بين يديه سأله عن الكنز فقال: إِنما (٧) كنتُ أقولُ ذلك حيلةً لأرى وجهك. فلما رأى تغيُّرَ كلامه غضب وقال له: قد حصل لك ما طلبت فارجع إِلى موضعك وأمر برده سالمًا (٨) ولم يعطه شيئًا. [قال الجويني: وهذا غريب] قال: وأهدى له إِنسان رمَّانةً فكسرها وفرَّق حبَّها على الحاضرين وأمر (٩) له بعدد حبِّها بوالس ثم أنشد [عند ذلك] [من الكامل] فلذاكَ تزدحمُ الوفودُ ببابهِ … مثلَ ازدحامِ الحَبّ في الرُّمَّانِ
(١) ب: فباعهما لبعض التجار. (٢) ط: نداه. (٣) ط: وقال من يجد. (٤) ب: فوال قال. (٥) عن ط وحدها. (٦) أ، ب: فلو منحته أخذت منه مالًا كثيرًا فقال الذي في أيدينا يكفينا ودعيا. (٧) ب: أنا كنت. (٨) ط: قد حصل لك ما قلت وردّه إِلى موضعه سالمًا ولم يعطه شيئًا. (٩) أ، ب: ثم أمر.

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