Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Les cinq (1) grands. C’est pourquoi Il a dit : « Et Il m’a fait un être béni, où que je sois. » En effet, partout où il se trouvait, il appelait au culte d’Allah seul, sans associé, et Il a préservé Sa majesté de tout défaut et imperfection, le glorifiant au-dessus de l’idée de prendre une compagne ou un enfant. Exalté et sanctifié soit-Il ! « Et Il m’a recommandé la prière et l’aumône aussi longtemps que je vivrai. » Telle est la mission des serviteurs : s’acquitter du droit du Tout-Puissant, Digne de louange, à travers la prière, et favoriser Ses créatures par l’aumône. Celle-ci embrasse la purification des âmes de leurs comportements indignes, et la purification des grandes richesses par les dons aux nécessiteux sous leurs différentes formes, par l’accueil des hôtes, les dépenses faites pour les épouses, les serviteurs et les proches, ainsi que tout type d’acte de bienfaisance et de rapprochement (auprès de Dieu).

Puis Il dit : « Et dévoué envers ma mère, et Il ne m’a pas fait tyrannique ni misérable. » Autrement dit, Il m’a rendu bienfaisant envers ma mère, puisqu’elle seule m’a donné naissance et qu’aucun père ne m’a engendré. Gloire à Celui qui a créé et façonné les créatures, et accordé à chaque âme sa propre guidance ! Et « Il ne m’a pas fait tyrannique ni misérable » signifie que je ne suis ni rude ni brutal, et que je ne dis ni ne fais rien qui contredise l’ordre d’Allah et l’obéissance qui Lui est due. « Que la paix soit sur moi, le jour de ma naissance, le jour de ma mort et le jour où je ressusciterai vivant. » Voilà les trois moments déjà mentionnés dans le récit de Yahyâ, fils de Zacharie.

Ensuite, après avoir exposé clairement Son histoire, présenté Ses faits et gestes, Il dit : « Tel est Jésus (‘Īsā), fils de Marie (Maryam) ; parole de vérité au sujet de laquelle ils doutent (34). Il ne sied pas à Dieu de S’attribuer un enfant. Gloire à Lui ! Lorsqu’Il décrète une chose, Il dit seulement : “Sois”, et elle est. » De même qu’Il dit, dans la sourate “Al ‘Imrân”, après avoir relaté Son histoire : « Voilà ce que Nous te récitons en toute vérité, ainsi que le rappel plein de sagesse (58). Certes, l’exemple de Jésus auprès d’Allah est à l’image d’Adam : Il l’a créé de poussière, puis Il lui a dit “Sois”, et il fut (59). La vérité vient de ton Seigneur, ne sois donc pas du nombre des sceptiques (60). Après la science qui t’est venue, quiconque discute encore à son sujet, dis : “Venez ! Appelons nos fils et vos fils, nos femmes et vos femmes, nous-mêmes et vous-mêmes, puis invoquons sincèrement (Allah) pour que la malédiction d’Allah frappe les menteurs” (61). Voilà, certainement, le récit de vérité. Il n’est de dieu que Dieu. En vérité, Dieu est le Tout-Puissant, le Sage (62). Mais s’ils se détournent, Dieu connaît parfaitement ceux qui sèment la corruption (63). » (Al ‘Imrân : 58-63)

C’est dans ce contexte que, lorsque la délégation de Najrân (4) – composée de soixante cavaliers, dont la responsabilité incombait à quatorze d’entre eux, et finalement à trois notables (al-‘Āqib, as-Sayyid et Abû Ḥāritha ibn ‘Alqama) – se présenta, ils débattirent sur la question de Jésus. Alors, Allah révéla le début de la sourate “Al ‘Imrân” à ce propos, clarifiant la condition de Jésus, la manière dont il fut créé et dont sa mère fut créée avant lui. Il ordonna à Son Messager de procéder à la mubāhala (5) s’ils refusaient d’adhérer à son message et de le suivre. Mais lorsqu’ils en prirent conscience, ils renoncèrent à la mubāhala, préférant la conciliation et un pacte pacifique. Leur porte-parole, al-‘Āqib, déclara alors

(1) Ce terme ne figure pas dans B. Les 'oulou al-‘azm' parmi les messagers sont : Noé, Abraham, Moïse, Jésus et Muhammad ﷺ. (2) Al-Muḥāwīj : pluriel de muḥwij, qui signifie 'détruit', 'anéanti'. (3) Dans B : al-mawātin (les villes). (4) Le détail du hadith concernant la délégation de Najrān sera abordé dans le cinquième volume, chapitre des délégations. (5) Al-Mubāhalah : l'imprécation mutuelle, qui consiste à se réunir pour invoquer la malédiction divine sur l'injuste parmi eux lorsqu'ils sont en désaccord sur une question.
الخمسة (١) الكبار، ولهذا قال: ﴿وَجَعَلَنِي مُبَارَكًا أَيْنَ مَا كُنْتُ﴾ وذلك أنه حيث كان دعا إلى عبادة اللّه وحدَه لا شريك له، ونزّه جنابه عن النقص والعيب من اتخاذ الصاحبة والولد تعالى وتقدَّس ﴿وَأَوْصَانِي بِالصَّلَاةِ وَالزَّكَاةِ مَا دُمْتُ حَيًّا﴾ وهذه وظيفة العبيد في القيام بحق العزيز الحميد بالصلاة والإحسان إلى الخليقة بالزكاة، وهي تشمل طهارة النفوس من الأخلاق الرذيلة، وتطهر الأموال الجزيلة بالعطية للمحاويج (٢) على اختلاف الأصناف وقِرى الأضياف والنفقات على الزوجات والأرقاء والقرابات، وسائر وجوه الطاعات وأنواع القُرُبات. ثم قال: ﴿وَبَرًّا بِوَالِدَتِي وَلَمْ يَجْعَلْنِي جَبَّارًا شَقِيًّا﴾ أي: وجعلني برًا بوالدتي وذلك أنه تأكّد حقها عليه لمحض جهتها، إذ لا والد له سواها، فسبحان من خلق الخليقة وبرأها، وأعطى كلّ نفس هداها. ﴿وَلَمْ يَجْعَلْنِي جَبَّارًا شَقِيًّا﴾ أي لستُ بِفَظٍّ ولا غليظ، ولا يصدر مني قولٌ ولا فعلٌ ينافي أمر اللّه وطاعته. ﴿وَالسَّلَامُ عَلَيَّ يَوْمَ وُلِدْتُ وَيَوْمَ أَمُوتُ وَيَوْمَ أُبْعَثُ حَيًّا﴾. وهذه الأماكن (٣) الثلاثة التي تقدَّم الكلام عليها في قصة يحيى بن زكريا (رحمه الله) . ثمّ لما ذكر تعالى قصّته على الجلية، وبيّن أمرَه ووضّحه وشرحه قال: ﴿ذَلِكَ عِيسَى ابْنُ مَرْيَمَ قَوْلَ الْحَقِّ الَّذِي فِيهِ يَمْتَرُونَ (٣٤) مَا كَانَ لِلَّهِ أَنْ يَتَّخِذَ مِنْ وَلَدٍ سُبْحَانَهُ إِذَا قَضَى أَمْرًا فَإِنَّمَا يَقُولُ لَهُ كُنْ فَيَكُونُ﴾. كما قال تعالى بعد ذكر قصته وما كان من أمره في آل عمران: ﴿ذَلِكَ نَتْلُوهُ عَلَيْكَ مِنَ الْآيَاتِ وَالذِّكْرِ الْحَكِيمِ (٥٨) إِنَّ مَثَلَ عِيسَى عِنْدَ اللَّهِ كَمَثَلِ آدَمَ خَلَقَهُ مِنْ تُرَابٍ ثُمَّ قَالَ لَهُ كُنْ فَيَكُونُ (٥٩) الْحَقُّ مِنْ رَبِّكَ فَلَا تَكُنْ مِنَ الْمُمْتَرِينَ (٦٠) فَمَنْ حَاجَّكَ فِيهِ مِنْ بَعْدِ مَا جَاءَكَ مِنَ الْعِلْمِ فَقُلْ تَعَالَوْا نَدْعُ أَبْنَاءَنَا وَأَبْنَاءَكُمْ وَنِسَاءَنَا وَنِسَاءَكُمْ وَأَنْفُسَنَا وَأَنْفُسَكُمْ ثُمَّ نَبْتَهِلْ فَنَجْعَلْ لَعْنَتَ اللَّهِ عَلَى الْكَاذِبِينَ (٦١) إِنَّ هَذَا لَهُوَ الْقَصَصُ الْحَقُّ وَمَا مِنْ إِلَهٍ إِلَّا اللَّهُ وَإِنَّ اللَّهَ لَهُوَ الْعَزِيزُ الْحَكِيمُ (٦٢) فَإِنْ تَوَلَّوْا فَإِنَّ اللَّهَ عَلِيمٌ بِالْمُفْسِدِينَ﴾ [آل عمران: ٥٨ - ٦٣] . ولهذا لما قَدِم وفد نجران (٤) وكانوا ستينَ راكبًا يرجع أمرُهم إلى أربعة عشر منهم، ويؤول أمر الجميع إلى ثلاثة هم أشرافهم وساداتهم، وهم العاقب والسّيد وأبو حارثة بن علقمة، فجعلوا يناظرون في أمر المسيح، فأنزل اللّه صدر سورة آل عمران في ذلك، وبين أمر المسيح وابتداء خلقه وخلق أُمه من قبله، وأمر رسوله بأن يباهِلَهم (٥) إن لم يستجيبوا له ويتبعوه، فلما رأوا عينيها وأذنيها نكلوا ونكصوا وامتنعوا عن المباهلة وعدلوا إلى المسالمة والموادعة، وقال قائلهم، وهو العاقب
(١) ليست في ب. وأولو العزم من الرسل هم: نوح، وإبراهيم، وموسى، وعيسى، ومحمد (عليهم السلام) . (٢) المحاويج: جمع مُحْوِج وهو المعدم. (٣) في ب: المواطن. (٤) سيأتي تفصيل الحديث عن وفد نجران في الجزء الخامس، باب الوفود. (٥) المباهلة: الملاعنة، وهو أن يجتمع القوم إذ اختلفوا في شيء فيقولوا لعنة اللّه على الظالم منا.

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