Il les tua(1) jusqu’à ce qu’il parvînt à Ray, où il apprit qu’un groupe était venu pour l’atteindre. Il demeura donc là en les attendant, et ce qui advint alors entre lui et eux fait partie des événements qui seront relatés en l’an vingt-cinq.
En cette même année :
Les armées d’al-Malik al-Ashraf ibn al-‘Adil pénétrèrent en Azerbaïdjan, s’emparèrent de nombreuses villes et s’approprièrent de grandes richesses. Elles emmenèrent également l’épouse de Jalâl al-Dîn, la fille de Tughril(3), qui le détestait et le combattait. Elles la firent descendre(4) dans la ville de Khilât. Ce qui adviendra à leur sujet sera exposé dans l’année suivante.
Cette année encore :
L’émissaire de l’Anbarur(5), roi des Francs par la mer, arriva auprès d’al-Mu‘azzam(6) pour exiger ce que son oncle, le sultan(7) al-Malik al-Nâsir Salâh al-Dîn, avait conquis des territoires côtiers. Al-Mu‘azzam leur répondit durement et dit : « Dis à ton maître que je n’ai pour lui que l’épée. Dieu est plus savant. »
Toujours cette année :
Al-Ashraf envoya son frère Shihâb al-Dîn Ghâzî en pèlerinage (hajj) avec une grande caravane portant six cents chameaux pour son équipement, et accompagné de cinquante montures hybrides, avec un serviteur sur chacune. Il partit du côté de l’Irak et reçut les présents du calife en chemin, puis revint(8) par la même route que celle empruntée pour le pèlerinage.
Par ailleurs, au cours de la même année :
La fonction de qâdî al-qudât (grand juge) de Bagdad fut confiée à Najm al-Dîn Abû al-Ma‘âlî ‘Abd al-Rahmân ibn Muqbil al-Wâsitî(9). Il reçut l’investiture conformément à l’usage des juges, ce qui marqua un grand jour.
Quant à la situation économique cette année-là :
Un vif renchérissement toucha les provinces de la Jazîra, au point que la viande devint très rare. Ibn al-Athîr(10) raconta qu’en certains jours de printemps, on ne sacrifia qu’un seul mouton dans toute la ville de Mossoul. Il déclara en outre : « Le dixième jour d’Âdhâr, une abondante neige tomba deux fois sur la Jazîra et l’Irak, détruisant les fleurs et autres végétaux. » Il ajouta : « Jamais on n’avait vu un tel phénomène, et la surprise est grande qu’en Irak, avec sa grande chaleur, il s’y produise pareille chose. »